ÉDITORIAL

UNE ANNÉE  QUI PASSE  À L'HISTOIRE

L'année 2020 passera à l’histoire comme l’année de la grande pandémie de la Covid-19, ce petit virus sournois qui a bouleversé nos vies et a fait que tout n’est plus comme avant. Une deuxième vague nous a rappelé notre fragilité et notre impuissance apparente à bien nous protéger de lui. Cependant, nous avons appris bien des choses sur le sens de la vie, sur la mort, sur Dieu. Nous avons compris combien il est important d’être solidaires, nos comportements ayant une influence positive ou néfaste sur les autres. Nous avons reconnu que tout le monde n’était pas prêt à renoncer à certaines habitudes plutôt égocentriques et, pour défendre leur position, quelques-uns se sont appuyés sur des théories du complot qui m’ont semblé plutôt farfelues. 

Il faut dire que depuis les temps anciens, la chasse aux sorcières est à la mode et les peuples en eurent souvent recours pour ne pas avoir à reconnaître leur rôle dans ce qui leur arrivait. Nous, Missionnaires d’Afrique, avons eu à faire face à ce stratagème bien des fois sur le sol africain… Donc, nous n’avons guère été surpris de ces manifestions au nom d’une liberté mal comprise contre le port du masque et les restrictions imposées.

Nous nous retrouvons maintenant en décembre, plus conscients de notre fragilité, et peut-être plus près de Dieu qui nous a rejoints dans notre barque qui navigue sur des eaux agitées par de grands vents (Mt 14, 22-25). C’est avec beaucoup d’espérance que nous préparons nos coeurs pour la célébration des fêtes entourant la naissance du Fils de Dieu sur notre planète. Nous avons sûrement plusieurs requêtes à lui confier et aussi des cadeaux à lui offrir comme, par exemple, notre engagement à soigner notre qualité de présence auprès des autres et à respecter davantage notre environnement tellement malmené par les changements climatiques.

En tout cas, l’année 2021 sera sûrement la bienvenue, car elle a comme mission de permettre à nos chercheurs de vaincre le virus qui nous a fait tellement pleurer en venant s’attaquer aux plus vulnérables d’entre nous. Qu’elle nous rappelle que nous devons éviter de retourner aux abus d’une culture de consommation et de recherche de pouvoir…, que nous pouvons vivre mieux, nous humaniser davantage et humaniser notre milieu, sans oublier les personnes qui vivent dans des situations très difficiles dans d’autres pays.
 
Dans ce numéro de la Lettre aux Amis, vous pourrez rêver en lisant le parcours missionnaire de M. Roland Babin qui, après avoir pris sa retraite du monde de l’enseignement, a consacré plusieurs années à la mission avec nous. Vous serez interpellés par Jean-Marie Tardif sur le genre de rêves qu’il vaut la peine de cultiver. Vous serez invités à participer avec nous à une nouvelle implantation en Ouganda pour le bien des réfugiés venant du Soudan. Et enfin, vous verrez qu’encore aujourd’hui, le problème d’esclavage des fillettes n’est pas chose du passé dans certains coins de la planète.
 
Je termine en demandant au Seigneur de nous venir en aide et en vous souhaitant un Joyeux Noël rempli de sa présence et une bonne année 2021.

Réal Doucet, Provincial M.Afr.