RD Congo

 

le rite congolais est un fruit précieux de
l'inculturation et de l’activité missionnaire

Messe en rite congolais avec le pape en 2019
Messe en rite congolais avec le pape en 2019 

«Le Pape François et le "Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre"» est un ouvrage collectif qui introduit au rite liturgique inculturé de l’eucharistie en République Démocratique du Congo. Dans son message de présentation, lundi 20 juin au Vatican le Pape François indique le bien fondé de ce document.


Marie-José Muando Babualo – cité du Vatican

Le Missel congolais pour les diocèses du Zaïre a parfaitement atteint l’objectif qui lui était assigné: permettre au congolais «de prier dans sa langue, avec son corps et son âme, et d'utiliser des symboles qui lui sont familiers». Telles sont les paroles du Pape François dans son message à l’occasion de la présentation de l’ouvrage «Le pape François et le Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre». La présentation de cette édition française publiée par la Libreria Editrice Vaticana a eu lieu ce lundi 20 juin 2022 à Rome, après Kinshasa le 8 avril dernier. 

Le Pape souligne que la présentation de cet ouvrage se situe dans le cadre de son voyage en République Démocratique Congo, dont le report a été annoncé il y a dix jours à cause des douleurs au genou du Saint-Père. En parlant de l’accueil de la foi par les congolais depuis le 15è siècle, grâce à l’annonce des missionnaires, François relève le rôle-clé de la liturgie dans la transmission de la foi d’une génération à une autre, car «la foi d’un peuple détermine son culte».

Le Souverain Pontife rappelle que le «Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre est l’unique Missel Romain inculturé issu de la réforme liturgique de Vatican II». Il est par ailleurs «le fruit de longues années de recherche, d’expérience sur le terrain et de fructueuse collaboration entre le Saint-Siège et l'Église du Congo».

Le don le plus précieux du chrétien qu’est la foi en Jésus Christ assume la fonction sociale inculturée du trésor à recevoir et à donner aux futures générations. Le Saint Père y souligne cette générosité, dans une foi inculturée du donner et du recevoir comme trésor que le chrétien africain ne devrait pas cacher au fond de son grenier, mais partager avec les autres Églises en quête d'expression liturgique appropriée de l'entreprise missionnaire de l'évangélisation des cultures et de l'inculturation de l'Évangile. Le but à atteindre devient ainsi une «culture populaire évangélisée», contenant «des valeurs de foi et de solidarité qui peuvent provoquer le développement d'une société plus juste et croyante»

Approuvé le 30 avril 1988 par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, le Missel congolais recèle «une triple fidélité: à la foi et à la tradition apostolique, à la nature intime de la liturgie catholique elle-même, et enfin au génie religieux et au patrimoine culturel africain», souligne le Pape qui exhorte l’Église du Congo à s’engager à compléter ce rite, en travaillant sur l’ensemble du rituel des sacrements et des sacramentaux.

Mgr Vittorio Francesco Viola, secrétaire du dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements a souligné l’accent que le Saint Père met sur la joie de l’annonce de l’évangile qui ne peut pas porter seulement à la conversion, mais aussi vers une évangélisation inculturée. Mgr Viola a aussi évoqué le rôle joué par le Cardinal Albert Malula, alors archevêque de Kinshasa, qui a donné à ce missel des caractéristiques purement congolaises. La théologienne, soeur Rita Mboshu a, pour sa part, souligné combien cet ouvrage était une occasion de redécouvrir la réception et l’adaptation de la liturgie conciliaire en République Démocratique du Congo.

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