Soudan du Sud


Mgr Carlassare:
«Au Soudan du Sud, le Pape donnera une impulsion à la pacification»

Mgr Christian Carlassare, évêque de Rumbek
Mgr Christian Carlassare, évêque de Rumbek 

L'évêque du diocèse de Rumbek, dont l’ordination épiscopale a eu lieu le 25 mars dernier, se réjouit de la visite du Pape François dans ce pays d'Afrique de l'Est en juillet prochain.
 Federico Piana / Adelaide Patrignani - Cité du Vatican

Après son déplacement à Malte, le prochain voyage apostolique du Pape François se déroulera sur le continent africain, du 2 au 5 juillet prochain en République Démocratique du Congo et du 5 au 7 juillet au Soudan du Sud.   

Une étape vers la paix ?

La jeune nation d'Afrique de l'Est est meurtrie depuis son indépendance en 2011 par des conflits tribaux et politiques, mais aussi éprouvée par l'extrême pauvreté. Les dirigeants ennemis se sont toutefois engagés dimanche 3 avril dernier à Juba sur une disposition militaire clé du fragile accord de paix de 2018, après une médiation du Soudan. Le président Salva Kiir et le vice-président Riek Machar ont ainsi accepté de former un commandement unifié des forces armées, l'une des nombreuses questions non résolues qui bloquent la mise en œuvre du pacte de 2018 visant à mettre fin à cinq ans de guerre meurtrière.

L'accord prévoit aussi la cessation des hostilités, l'arrêt de la «propagande» qui attise les tensions, les deux camps s'engageant à cesser d'encourager les défections chez l'autre, selon le porte-parole de Riek Machar, Puok Both Baluang.

Mais les Sud-Soudanais attendent de voir si ces engagements se concrétiseront sur le terrain, car de nombreux accords ont échoué par le passé, entraînant de nouveaux cycles de violences.

Un début de mission mouvementé

Mgr Christian Carlassare, combonien italien, a fait l’expérience de climat de tension peu après sa nomination comme évêque de Rumbeck: dans la nuit du 25 avril 2021, il est victime d'une agression à son domicile, recevant une rafale de kalachnikov dans la jambe. La blessure l’oblige à repousser son ordination épiscopale.

Mais le jeune évêque ne perd pas espoir: «Pour moi, redémarrer signifie pardonner, car sans pardon, il n'y aurait pas de redémarrage. La miséricorde, en revanche, devient la capacité d'établir des relations et de reconstruire des relations là où elles ont été interrompues», avait-il confié.

Sa santé rétablie, il est ordonné évêque dans la cathédrale de la Sainte Famille de Rumbek le 25 mars dernier, en la solennité de l’Annonciation, par l'imposition des mains du cardinal Gabriel Zubeir Wako, archevêque émérite de Khartoum.

Quelques jours avant son ordination épiscopale et la cérémonie d'installation qui s’en est suivie, Mgr Carlassare avait été reçu en audience par le Pape François au Vatican.

Dans un entretien, il s’exprime d’abord sur le prochain déplacement du Souverain Pontife.

«Il me semble que cette visite est l’accomplissement d’une action commencée il y a des années, qui est de demander la paix pour le Soudan du Sud. Je suis content du fait qu’avec cette visite, l’attention sera dirigée surtout vers la population, qui aime tant le Pape François et met son espoir dans l’Église.

Quels fruits pensez-vous que ce voyage apportera?

La visite du Pape donnera une impulsion importante au processus de paix dans le pays, car elle touchera toutes les communautés, en particulier celles qui sont les plus frustrées et marginalisées. Sa visite sera également un grand encouragement pour l'Église locale, afin qu'elle puisse réellement être un agent de réconciliation et de paix, grâce aux nombreuses œuvres déjà présentes: celles de l'évangélisation, mais aussi de la promotion humaine, qui doit promouvoir l'homme tout entier.

Quel est l'engagement de l'Église dans la guérison des blessures du Sud-Soudan?

Au Soudan du Sud, l'Église travaille de manière transversale, aux côtés de la population, dans l'évangélisation, dans l'éducation, dans la formation intégrale des personnes, dans le traitement des traumatismes, pour le pardon et la réconciliation, dans la formation de consciences qui aient une perception correcte de la justice, et qui soient également capables de travailler pour la paix, dans des contextes qui peuvent être violents ou divisés ; en donnant également de l'espoir, à travers de nombreuses activités et projets qui rendent la vie plus digne.

Quelques jours avant votre investiture, vous avez été reçu par le Pape. Dans quel esprit êtes-vous allé à cette rencontre?

C'était une grande joie de pouvoir rencontrer le Pape François en personne. J'ai pu l'écouter et le suivre de bien des manières, et apprécier ce qu'il fait dans l'Église, avec cette ouverture au monde entier, et en particulier à ceux qui souffrent de la pauvreté.

Que pouvez-vous nous dire sur cette rencontre?

C'était un moment très simple, un moment de grande harmonie, dans lequel il est venu me dire quelques mots, mais essentiels - "n'aie pas peur", "le Seigneur accompagne et soutient toujours". Sa bénédiction est celle d'un homme qui a fait confiance et qui donne sa vie pour l'Église. C'est pourquoi je trouve cela si important. Il a également exprimé sa solidarité avec le peuple du Soudan du Sud, et se réjouit donc également de pouvoir lui rendre visite prochainement.»

Source: vaticannews

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