Mali

 


Les évêques maliens «condamnent fermement
la prise de pouvoir en dehors du cadre légal»

Les évêques maliens lors d'une audience avec le Pape François:/Crédits : Vatican News

Dans une déclaration publiée mardi 25 mai, les évêques du Mali se sont exprimés sur la crise sociopolitique que traverse le pays. Le président Bah Ndaw et son premier ministre Moctar Ouane, qui assuraient la transition après le coup d’État d’août 2020, ont été arrêtés le 24 mai et contraints à la démission.

Le Mali s’enlise dans une instabilité sociopolitique qui inquiète l’épiscopat de ce pays, d’ordinaire assez discret. Dans une déclaration rendue publique mardi 25 mai et signée par son président Mgr Jonas Dembele, évêque de Kayes, la Conférence épiscopale du Mali s’est insurgée contre le coup de force mené par le Comité national pour le salut du peuple (Cnsp) le 24 mai.

Cette junte militaire qui avait arraché le pouvoir à l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta la nuit du 18 au 19 août 2020 a arrêté, le 24 mai, le président Bah Ndaw et son premier ministre Moctar Ouane qui assuraient une transition de 18 mois avant les nouvelles élections. Cette arrestation est survenue quelques jours après que le chef du gouvernement a mis en place un nouveau gouvernement dont ont été évincés deux militaires de haut rang.

Condamnation

Les évêques du Mali qui suivent « avec inquiétude et amertume » les événements survenus en début de semaine, « condamnent fermement la prise de pouvoir en dehors du cadre légal » estimant que la crise actuelle est « consécutive à des calculs personnels loin des préoccupations du peuple et des intérêts du Mali ».

L’épiscopat malien met par ailleurs en lumière les défis de ce pays d’Afrique de l’Ouest et qui, à leurs yeux, devraient constituer des priorités pour dirigeants. « C’est avec beaucoup de peine que les populations font face aux différents défis sécuritaires, sanitaire et socioéconomique » font-ils remarquer.

Et de poursuivre : « les forces vives de populations revendiquent leurs droits par une grève de grande envergure ». Pour eux, « péniblement certes mais sûrement le pays vivait une transition politique négociée de haute lutte ». De plus, « la communauté internationale, dans sa totalité tente de remettre le pays sur la voie de la normalisation » tandis que « les prières continuent de monter vers le ciel pour le retour de la paix ».

Dialogue constructif

L’épiscopat de ce pays où les catholiques représentent entre 1 et 5 % de la population recommande enfin d’instaurer un dialogue constructif et une trêve sociale. Rappelant leur mission de veille et médiation, il prie pour le retour de la paix et pour que Dieu donne aux citoyens et aux dirigeants « la conscience et la sagesse nécessaires pour rechercher avant tout par-dessus tout le bien commun ».

Lucie Sarr

Source: africa.la-croix

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