BURKINA FASO

BURKINA FASO - « L’Eglise, famille de Dieu, lieu excluant tout ethnocentrisme et promouvant la réconciliation » selon le Secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples

Ouagadougou (Agence Fides) – « Le Saint-Siège est reconnaissant pour les nombreuses et louables initiatives communes que vous avez entrepris et continuez à entreprendre en vue de la promotion de l’Evangélisation holistique de la Région d’Afrique occidentale ». C’est ce qu’a déclaré S.Exc. Mgr Protase Rugambwa, Secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, en intervenant aux travaux de la III° Assemblée plénière des Evêques de la CEREAO (voir Fides 13/05/2019). Au cours de la cérémonie d’ouverture, en présence du Chef de l’Etat burkinabé, du Premier Ministre et de différentes autorités civiles et religieuses, l’Archevêque a porté aux participants un message de la part de S.Em. le Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples.

Le texte prononcé par Mgr Rugambwa et envoyé à l’Agence Fides, se base sur le thème de la rencontre, à savoir « la nouvelle Evangélisation et la promotion du développement humain intégral au sein de l’Eglise, famille de Dieu, en Afrique occidentale ».

« L’Eglise, famille de Dieu, en Afrique occidentale, présente certains éléments d’espérance mais aussi de préoccupation pour nous, Pasteurs, appelés par Dieu à notre office dont nous devons Lui rendre compte » souligne le Secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples. « Les vocations à la vie sacerdotale et religieuse augmentent – remarque-t-il – alors que croit la présence de différentes associations et mouvements de laïcs basés sur l’apostolat et la prière. Il relève également le développement de l’esprit missionnaire envers les Eglises sœurs de la même nation, tout comme vers celles des nations voisines et de l’Occident. L’Eglise est vivace et active en matière de témoignage de la foi chrétienne. Elle jouit d’estime à cause de sa proximité vis-à-vis des personnes, en particulier des plus pauvres et du fait de son engagement social en faveur des nécessiteux sans distinction ».

Toutefois, il ressort du texte que « ne manquent pas les difficultés tant au plan civil que religieux, lesquelles rendent compliquée la mission de l’Eglise. Parmi celles-ci se trouvent l’absence de paix et de sécurité, le manque de démocratie et de développement, la pauvreté, les discriminations sociales, le tribalisme, l’ethnisme, le fondamentalisme religieux, le terrorisme et la violation des droits fondamentaux. Au plan religieux, le syncrétisme, le retour aux croyances traditionnelles, à la sorcellerie, l’apostasie en faveur des sectes ou d’autres religions freinent le chemin de la foi ».

« A l’occasion de la II° Assemblée plénière tenue à Accra en 2016 – rappelle Mgr Rugambwa – avaient été identifiées la réconciliation, le développement et la famille comme défis particuliers à relever par l’Evangélisation en Afrique occidentale. Maintenant, nous croyons opportun d’y ajouter la promotion du développement humain intégral, dans la mesure où il a un lien étroit avec l’œuvre d’évangélisation et la promotion sociale. Nous ne pouvons demeurer indifférents devant les injustices, le vol de tant de richesses de la part du néocolonialisme de puissants groupes économiques privés occidentaux et orientaux alors que des milliers de nos enfants tentent par l’immigration de fuir à la pauvreté et aux guerres ».

Le texte continue : « L’Evangélisation se confond avec la mission même de l’Eglise dans le monde, en tant qu’annonciatrice du mystère de la personne du Christ mort et ressuscité et désormais présent parmi nous. Telle est la vocation propre de l’Eglise. Elle indique non seulement la première annonce à ceux qui ne croient pas mais l’ensemble de l’activité ecclésiale tant dans ses aspects religieux et sacramentels que dans celui relatif à l’annonce de la libération humaine. L’Evangélisation est tout d’abord la manière d’être de l’Eglise ».

« Parmi les défis à relever se trouve la promotion humaine intégrale » a remarqué l’Archevêque, notant que « évangélisation et promotion humaine ne s’opposent pas l’une à l’autre mais sont complémentaires et convergent vers un même but : le salut de l’homme ».

« Dans le contexte de la CEREAO, l’Evangélisation, nouvelle dans l’ardeur et quant au zèle, tendra à édifier l’Eglise comme famille, en excluant tout ethnocentrisme et tout particularisme excessif, en cherchant en revanche de promouvoir la réconciliation et une véritable communion. Vos Eglises locales – explique Mgr Rugambwa – doivent unir évangélisation et humanisation, foi et action sociale, culte et engagement concret. Cette mission, je le répète, ne doit pas être réservée à la seule hiérarchie ecclésiale, aux Evêques et aux prêtres, mais appartient à tous les baptisés ».

Le Secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples a ensuite mis en évidence la nécessité de responsables chrétiens bien préparés, déterminés à œuvrer dans les différents secteurs de la vie sociale et pastorale au sein de l’Eglise en Afrique occidentale, afin de porter de l’avant l’œuvre d’évangélisation sur cette partie du continent africain.

Source : fides.org

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