DR Congo

 
L’ÉGLISE S’ENGAGE AUPRÈS DES VICTIMES DU CONFLIT DE KASONGO

Depuis le 2 octobre, le diocèse de Kasongo, dans la province du Maniema (Est), est perturbé par des affrontements mortels entre deux milices locales.
L’Église, par le biais de Caritas, est venue en aide aux populations locales. Elle a également lancé un appel aux autorités à y rétablir la paix.

Au moins une vingtaine des personnes tuées, plusieurs blessés et d’autres portées disparus, environs une dizaine de milliers de personnes déplacées et sans abris, en six jours d’affrontements. C’est le bilan provisoire établi par la Caritas du diocèse de Kasongo, dans l’est de la RD-Congo, un mois après le début des affrontements entre deux milices.

Un conflit a éclaté en octobre entre la milice du Sheikh Kabala, chef du mouvement Maï-Maï Malaïka et celle du général autoproclamé Mandevu, dissident de ce mouvement. Ces violences se sont déroulées dans les localités de Maviakuku, Kilalaulu, Kavima, dans le sud de la province de Maniema, dans l’Est du pays.

Joint par La Croix Africa, Dieudonné Maluwa, chef d’antenne protection à la Caritas Kasongo, précise : « Jusqu’à présent nous avons identifié 26 morts. Nos services sont en train d’enregistrer les déplacés que nous pouvons estimer entre 10 000 et 12 000 et qui sont sans assistance ». Ces déplacés viennent des huit villages incendiés. Certains se sont réfugiés dans des écoles ou des paroisses et dorment à même le sol. D’autres dorment à la belle étoile dans les cités de Wamaza, Olimba, et Lububula au centre de Kasongo.

« Ces sinistrés ne peuvent pas encore regagner leurs villages respectifs puisque la paix n’y est pas encore rétablie. Leurs maisons ont été incendiées, leurs bétails emportés et des champs détruits, souligne Dieudonné Maluwa. Vu la situation sanitaire et la saison pluvieuse, il y a urgence. »

Malgré une trêve observée dans les affrontements entre les troupes des deux milices, les tueries et rackets se poursuivent. « La semaine passée, sur la route Wamaza-Lusangi, à 7 km de Wamaza, des bandits ont assassiné un voyageur », affirme Mgr Placide Lubamba, évêque de Kasongo.

Appel de l’Église

Face à cette insécurité, l’évêque a lancé un cri de détresse aux autorités politiques, dans un communiqué daté du 27 octobre, pour que la paix et la sécurité soient rétablies dans les territoires de Kasongo et Kabambare. « Nous demandons au gouvernement de rétablir son pouvoir régalien sur cette partie du territoire national et d’assurer la paix et la sécurité en faveur de la population », a insisté l’évêque de Kasongo qui demande aussi aux autorités« d’apporter rapidement une assistance humanitaire aux sinistrés et familles d’accueil et permettre ainsi aux déplacés de rejoindre rapidement leurs milieux d’origine en cette période de culture ».

Aux yeux de l’Église et de la population locale, il faudrait également lancer des dialogues avec toutes les parties prenantes au sujet de l’exploitation de l’or de Salamabila. « La plupart des conflits naissent des discriminations par rapport aux origines des uns et des autres, relève aussi Justin Mayenge, journaliste à la radio Maria malkia wa umoja du diocèse de Kasongo. Il faut des dialogues intercommunautaires pour favoriser le vivre ensemble. »

Prisca Materanya (à Kinshasa)

Source : africa.la-croix

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