Egypt


NEUF MANIFESTANTS COPTES LIBÉRÉS APRÈS TROIS MOIS DE PRISON 


Monastery of Saint Anthony, Egypt, Church of the cross and resurrection/23 January 2011/ Antonius_Kloster_BW_15.jpg: Berthold Werner/https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/ 

Importante ONG de défense des droits de l’homme en Égypte, l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR) a indiqué dimanche 24 avril que le parquet de la sûreté d’État avait ordonné la libération de neuf Coptes, emprisonnés depuis trois mois pour avoir réclamé la reconstruction de leur église incendiée.

Une décision hautement symbolique, pour le jour de la Pâques orthodoxe qu’ils pourront donc finalement célébrer auprès de leurs familles. Dimanche 24 avril, le Parquet de la sûreté d’État en Égypte a ordonné la libération de neuf chrétiens coptes, incarcérés depuis trois mois pour avoir manifesté en faveur de la reconstruction de leur église incendiée en 2016 dans le village d’Ezbet-Faragallah, à 220 km au sud du Caire. L’information a été confirmée le jour même par l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), l’une des principales ONG de défense des droits de l’homme dans le pays.

Le 30 janvier dernier, les neuf chrétiens avaient été écroués pour des faits de « terrorisme » et de « menace à l’ordre public », suscitant l’ire de nombreuses associations internationales. Une semaine plus tôt, ils avaient en effet participé à une manifestation dénonçant le refus des autorités d’autoriser une réédification du seul clocher de leur cité, située dans la province de Minya. « Environ 800 chrétiens y vivent [aujourd’hui] sans lieu de culte », fustige Amnesty International. Selon des sources non identifiées citées par l’EIPR, le départ de feu de la paroisse pourrait avoir des origines « volontaires ».

Autorisations au compte-gouttes

Depuis l’entrée en vigueur en 2016 d’une loi régulant la construction et la restauration des églises, les autorités n’ont donné leur accord préliminaire qu’à moins de 40 % des demandes et seules 20 % ont obtenu un accord définitif, rapporte encore l’ONG. Ces dernières années, le chef de l’État Abdel Fattah Al Sissi, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2013, n’a cessé de proclamer son engagement de bâtir des églises dans les villes nouvelles en construction. Mais dans les faits, leur enregistrement progresse encore lentement dans le pays.

Plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, les Coptes représentent aujourd’hui entre 10 et 15 millions des 103 millions d’Égyptiens, mais s’estiment tenus à l’écart de nombreux postes de la justice, des universités ou de la police. Le sujet est sensible et le militant copte des droits humains, Patrick Zaki, a récemment passé 22 mois en détention pour « diffusion de fausses informations » à cause d’un article dénonçant des violations des droits des chrétiens en Égypte, rapporte l’Agence France-Presse (AFP). Après le renversement par l’armée en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi, les coptes ont été victimes des représailles d’islamistes radicaux. Des églises, écoles et maisons avaient été incendiées.

« Signes d’encouragement »

Sous la présidence d’Abdel Fattah Al Sissi, les conditions de vie des chrétiens ont toutefois connu des améliorations, selon des observateurs. « La situation en ce qui concerne la liberté religieuse s’est améliorée depuis le pic des violences antichrétiennes, qui avaient culminé en août 2013 avec des attaques contre près de 80 églises et autres centres coptes (…) », analysait ainsi l’Observatoire de la liberté religieuse en 2020, « le président donne des signes d’encouragement quant à la possibilité d’une plus grande unité nationale entre musulmans et chrétiens. Ses visites aux offices coptes de Noël en témoignent ».

Malo Tresca

Source : africa.la-croix

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