DR Congo

Face à Ebola, l’Église congolaise cherche à sensibiliser ses fidèles

Jusqu’ici cantonnée aux régions rurales de la République démocratique du Congo, la fièvre hémorragique, qui a gagné cet été des villes proches de la frontière rwandaise, a été déclarée urgence sanitaire mondiale. Des évêques du Sud-Kivu appellent leurs fidèles à des mesures drastiques de prévention.

Éviter le geste du baiser de paix, se laver les mains avant de donner la communion aux fidèles, placer des points d’eau chlorée à la sortie des églises… Alors que l’épidémie d’Ebola a été déclarée cet été urgence sanitaire mondiale par l’OMS (Organisation sanitaire mondiale), plusieurs évêques congolais du Sud-Kivu exhortent leurs fidèles à prendre des mesures drastiques de prévention.

L’archevêque de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy, a notamment publié une note d’exhortation aux catholiques de son diocèse, ainsi qu’à tous les « hommes de bonne volonté », invitant les agents pastoraux à faire respecter un certain nombre de mesures d’hygiène.

Collaborer avec les équipes médicales
La ville de Bukavu (capitale du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, près de la frontière rwandaise) se trouve en effet à mi-chemin entre Goma (Nord-Kivu) où un premier cas d’Ebola a été enregistré le 14 juillet, et Mwenga (Sud-Kivu) où deux cas – dont un mortel – ont été confirmés le 16 août.
Le 29 juillet, avant qu’Ebola ne gagne le Sud-Kivu, Mgr François-Xavier Maroy déclarait déjà : « Il est question de prévenir, du moment que la maladie n’a pas encore pénétré la province. L’observation des règles d’hygiène rend possible la prévention de cette fièvre hémorragique. »

Mgr Sébastien Muyengo, l’évêque d’Uvira (dont dépend le territoire de Mwenga) a quant à lui appelé la population au calme, l’invitant à collaborer avec les équipes déployées depuis le 16 août pour endiguer la propagation de l’épidémie. « Nous demandons à la population de ne pas bloquer ses habitations au cas où les services de santé viendraient nous proposer les vaccinations. »

Plus de 1 800 morts en un an
Cela fait un peu plus d’un an que l’épidémie s’est déclarée dans la province du Nord-Kivu, le 1er août 2018. Depuis, elle a fait plus de 1 800 morts en RD-Congo.

Jusqu’à cet été, la fièvre hémorragique était cantonnée aux régions rurales, mais le fait qu’elle gagne Goma en juillet, à la frontière rwandaise, fait craindre une propagation aux pays des Grands Lacs. Le Sud-Kivu partage en effet de longues et poreuses frontières avec le Rwanda et le Burundi. Le 1er août, le Rwanda a d’ailleurs fermé plusieurs heures sa frontière avec la RD-Congo.

Alors que la RD-Congo est un pays d’Afrique centrale à dominante chrétienne (93 %), les catholiques y sont de plus en plus nombreux. En juin 2018, le cabinet d’étude Target affirmait que les catholiques représentaient 39 % des Congolais en 2018, contre 36 % en 2017.

Mélinée Le Priol

Source: africa.la-croix

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