Nigeria

DES ÉLÈVES D’UNE ÉCOLE CORANIQUE ENLEVÉS

Une centaine d’enfants, élèves d’une école coranique dans le centre-nord du Nigeria ont été enlevés dimanche 30 mai par des hommes armés. Lundi 24 mai, des manifestations avaient eu lieu dans les rues de la capitale nigériane pour dénoncer les enlèvements et extorsion de fonds commis contre les populations.

Des individus armés ont enlevé, dimanche 30 mai, des élèves de l’école coranique Salihu Tanko, dans l’État du Niger, dans le centre-nord du Nigeria. L’école confessionnelle située dans la ville de Tegina enregistrait un peu plus de 200 enfants au moment de l’attaque qui a fait un mort par balle et une personne grièvement blessée, selon les autorités.

Le porte-parole de la police, Wasiu Abiodun, a expliqué que les bandits armés à bord de motos ont envahi cette ville de l’État du Niger où ils se sont mis à tirer dans tous les sens. Dimanche soir, le nombre exact d’enfants enlevés n’était pas encore connu. La police qui tente de déterminer leur nombre avec l’aide des responsables de l’établissement, assure qu’elle a mobilisé toutes ses équipes tactiques pour que les personnes enlevées soient secourues.

« Au début ils ont pris plus de cent élèves, mais après ils ont laissé ceux qu’ils considéraient trop petits, ceux entre 4 et 12 ans », a confié à l’Agence France-Presse un responsable de l’école coranique.

Enlèvements et versement de rançon

Ces dernières semaines, la situation sécuritaire se dégrade un peu plus au Nigeria où des enlèvements de citoyens par des ravisseurs armés qui exigent ensuite le versement d’une rançon sont récurrents. Ces enlèvements touchent d’une manière particulière les religieux chrétiens mais également les laïcs et, tout récemment, des fidèles musulmans dans leur lieu de culte.

Lundi 10 mai, vers 1 heure GMT, un groupe de 10 personnes lourdement armées est entré dans une mosquée de Jibiya, dans l’État de Katsina, où ils ont enlevé 40 personnes participaient à des prières nocturnes du mois de Ramadan. Le 20 mai, deux hommes armés se sont introduits à la paroisse Saint-Vincent Ferrer à Malunfashi, dans l’État de Katsina, dans le nord du Nigeria. Ils ont ensuite tué un prêtre et enlevé un autre.

Manifestations de colère

Des manifestations ont eu lieu dans les rues d’Abuja, la capitale nigériane lundi 24 mai pour dénoncer les enlèvements et extorsion de fonds commis contre les populations nigérianes par des « bandits armés ». Des centaines de personnes ont marché sur l’axe reliant Abuja, la capitale (centre) et Kaduna (nord) le 24 mai pour dénoncer les enlèvements qui ne cessent de se multiplier au Nigeria depuis une demi-douzaine d’années.

L’année dernière, le 1er mars, les catholiques nigérians avaient déjà marché, tout de noir vêtus, pour dénoncer l’insécurité, les attaques antichrétiennes et les enlèvements de consacrés et laïcs. À cette occasion, marchant à leur tête en compagnie d’évêques, de prêtres et religieuses, l’archevêque de Benin-City et président de la Conférence épiscopale du Nigeria, Mgr Augustine Akubeze, avait expliqué que le but de la manifestation est de dénoncer « le niveau élevé d’insécurité dans chaque partie du Nigeria ». « Nous protestons contre le meurtre brutal de Nigérians innocents par Boko Haram et des bergers terroristes, avait-il précisé. Nous sommes réunis pour pleurer les femmes, les enfants, les bébés et les hommes qui ont été tués par les terroristes. »

Guy Aimé Eblotié

Source: africa.la-croix.com

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