Togo

 

L’engagement de l’Église pour l’accueil des réfugiés


Visite de l'exposition des produits des réfugiés par l'archevêque de Lomé, Mgr Nicodème Barrigah, le 25 septembre 2022, à Lomé (Togo)/Charles Ayetan

Dans les diocèses du monde, les chrétiens ont célébré, dimanche 25 septembre, la 108e Journée mondiale du migrant et du réfugié.
Au Togo, ces célébrations ont marqué l’engagement de l’Église malgré les craintes liées à la fermeture du bureau local du HCR.

Plus de 10 000 réfugiés en provenance de 22 pays d’Afrique et d’ailleurs, sont installés au Togo. La messe célébrée dimanche 25 septembre à l’église Saints-Martyrs-de-l’Ouganda de Lomé par l’archevêque de Lomé, Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan, a été une occasion pour certains d’entre eux de se retrouver. La cérémonie, tenue à l’occasion de la journée mondiale du migrant et du réfugié, était une occasion de mettre en lumière l’expertise de l’Église dans ce pays dans l’accompagnement des migrants.

Toutefois, « si la migration est un droit fondamental pour chacun de nous, les conditions dans lesquelles elle se réalise sont loin d’être idéales ; et les conditions d’accueil et d’intégration peuvent être décevantes », reconnaît Mgr Nicodème Barrigah, évêque chargé du Conseil Justice et Paix au sein de la Conférence des évêques du Togo. « Bien souvent nous considérons les migrants et les réfugiés comme des personnes qui menacent notre paix intérieure, qui peut-être viennent prendre nos ressources », constate-t-il.

Les migrants soutenus par l’Église relèvent ainsi quelques défis liés à leur accueil au Togo. « Nous souhaitons que les fils et filles du pays acceptent les migrants et les réfugiés tels qu’ils sont et leur accordent des opportunités en vue de leur intégration sociale », insiste par exemple Françoise Munganga Malobo, Congolaise réfugiée à Lomé. Une demande qu’appuie le père Gustave Sanvee, coordinateur national du conseil Justice et Paix, pour lui, il faut une alliance entre « réfugiés et autochtones pour créer une société nouvelle, créer l’avenir avec les réfugiés ».

Fermeture du bureau du HCR

Si plusieurs structures ecclésiales interagissent en faveur des personnes en déplacement (comme le Service de la pastorale des migrants et des réfugiés, le Conseil épiscopal justice et paix, ou encore l’Organisation de la charité pour un développement intégral), l’inquiétude monte parmi les réfugiés au Togo. Ceux-ci craignent en effet une chute de l’appui dont ils bénéficient, suite à l’annonce par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de la fermeture prochaine de son bureau au Togo, remplacé par une représentation multipays du HCR basée à Dakar.

C’est le cas de Clovis Kisonga Ndombele, qui exhorte l’Église à nouer un partenariat à travers Caritas-Togo avec cette institution onusienne en vue de renforcer l’accompagnement des réfugiés. Il propose notamment que ces institutions travaillent « à l’insertion professionnelle des réfugiés selon leurs spécialités, de renforcer leurs capacités et les appuyer afin d’entreprendre des activités génératrices de revenus ».

Charles Ayetan (à Lomé)

 

Source:  africa.la-croix

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