Ethiopie


Nouvel An éthiopien : le cardinal Souraphiel appelle
au dialogue et à la réconciliation


Berhaneyesus Demerew Souraphiel, Archbishop of Addis Abeba and Chairman of the Conference of Bishops of Ethiopia and Eritrea
with Luigi Mazzucato, former director of Medici con l'Africa Cuamm, 19 June 2013/
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Dans un message publié pour le Nouvel An éthiopien, ce dimanche 11 septembre, l’archevêque d’Addis Abeba appelle à la repentance et au dialogue, alors que les combats ont repris dans la région du Tigré.

C’est à un examen de conscience que l’archevêque d’Addis-Abeba a appelé ses compatriotes à l’occasion du Nouvel An éthiopien, Enqoutatash, célébré ce dimanche 11 septembre.

Alors que l’Éthiopie connaît une sécheresse historique, une inflation persistante et une nouvelle escalade de violence, le cardinal Berhaneyesus Demerew Souraphiel les invite à « travailler pour le bien commun » et à être « des instruments de paix ».

« Donner un espace pour la paix »

« La paix commence par nos pensées. Le commandement “Tu ne tueras pas” s’adresse à tous. “Tu ne tueras pas” signifie respecter la vie de toutes les personnes. Cet ordre s’applique non seulement aux membres de votre association, de votre famille, de votre ethnie, mais aussi à tous les êtres humains », appuie-t-il, rappelant qu’un «dialogue pacifique qui donne la priorité au bien commun profite à tous ».

Après cinq mois de trêve, les combats ont repris le 24 août dernier autour de la pointe sud-est du Tigré entre l’armée et les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré. Dans ce contexte, le cardinal « implore toutes les parties de donner un espace pour la paix et la réconciliation, de s’asseoir pour dialoguer afin de sauver leur pays et leur peuple de la destruction, car la guerre est destructrice et personne ne peut en bénéficier ».

Son message pour le Nouvel An éthiopien survient peu après une déclaration signée le 2 septembre par l’ensemble de l’épiscopat et qui demandait l’arrêt des affrontements. « Nous sommes profondément attristés de constater que la guerre a repris dans la région du Tigré », s’alarmait déjà le cardinal Souraphiel au nom de l’épiscopat, alors que s’éloignait l’espoir de paix nourri par la trêve humanitaire.

Trêve humanitaire

La guerre dans le Tigré a commencé en novembre 2020. Depuis cette date, le conflit a fait plusieurs milliers de morts et plus de deux millions de déplacés. En outre, des centaines de milliers d’Éthiopiens sont exposés à la famine. Depuis fin mars, une trêve avait été observée dans cette région. Elle avait permis l’acheminement de l’aide humanitaire.

Ces nouveaux affrontements ont d’autant plus consterné la communauté internationale que l’Union africaine et les Nations unies avaient entamé des démarches avec les deux parties pour que la paix soit rétablie. En juillet, le gouvernement éthiopien avait mis en place un comité de paix dirigé par Demeke Mekonnen, le vice-premier ministre. Aujourd’hui l’armée et les rebelles se rejettent la responsabilité de cette reprise des violences.

Dans sa déclaration du 2 septembre, l’épiscopat éthiopien faisait remarquer que l’Église catholique et les autres confessions religieuses ont toujours milité pour le dialogue et la réconciliation et proposait qu’elles contribuent au processus de dialogue afin d’aboutir à une paix définitive.

Au nom de l’épiscopat, le cardinal Souraphiel réitérait son appel adressé à toutes les parties à « céder leurs armes et à revenir aux options de paix, à donner la priorité au dialogue et à une option qui mette fin aux souffrances de nos citoyens ».

Céline Hoyeau (avec VaticanNews et La Croix Africa)

Source: africa.la-croix

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