Afrique

 
L’épiscopat africain plaide pour la protection de la biodiversité


Photo de famille, ouverture du cinquantenaire du sceam à Kampala/ Lucie Sarr

Dans une déclaration rendue publique le 21 juin, le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam) a appelé à la protection de la nature et de la biodiversité.

C’est la première déclaration de ce type publiée par l’épiscopat africain. Dans un texte daté du 21 juin, le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam) a exhorté les gouvernements à prendre des mesures urgentes et ambitieuses pour protéger la biodiversité. Cette déclaration a été faite en marge d’un sommet préparatoire de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité (COP15)– qui devrait se tenir au Canada en décembre après deux ans de report– et qui a réuni du 21 au 26 juin, 190 délégués d’États et de gouvernement à Nairobi, au Kenya.

Dans leur déclaration, les évêques africains s’inspirant de l’encyclique Laudato si’publiée en 2015 par le pape François, rappellent que « nous n’avons pas le droit de détruire la biodiversité ».

Selon le Sceam « le climat et la biodiversité sont les deux faces d’une même médaille et, pour cette raison, doivent être abordés ensemble. De même, le problème écologique est indissociable de son aspect social. »

Bassin du Congo

Ce faisant, sous l’impulsion du Réseau ecclésial pour le Bassin du Fleuve Congo (Rebac), l’épiscopat africain a dénoncé « l’exploitation forestière illégale et abusive et l’accaparement des terres lié à l’agriculture industrielle » qui « mettent en danger les populations autochtones et les espèces menacées » notamment dans le Bassin du Congo.

« L’exploitation forestière non durable et illégale dans la forêt du Bassin du Congo  par les grandes et les petites entreprises  conduit à la déforestation, à la destruction de l’habitat de la faune et de la flore sauvages, à une diminution de la résistance à la crise climatique et à des dommages pour les communautés locales » ont dénoncé les évêques d’Afrique par la voix de Mgr Sithembele Sipuka, évêque du diocèse de Mthatha, en Afrique du Sud et vice-président du Sceam.

Deuxième poumon de la planète après l’Amazonie

Le Réseau ecclésial pour le Bassin du Fleuve Congo (Rebac) est composé des Églises de RD-Congo, du Cameroun, du Gabon, de la République centrafricaine, de Guinée équatoriale, de la République du Congo. Créée en 2015, dans la mouvance de Laudato Si’, cette structure a pour but de favoriser la protection du Bassin du Congo, deuxième poumon de la planète après l’Amazonie.

Pour se faire entendre, les Églises de ces six pays du Bassin du Congo ont opté pour un « plaidoyer, via une information correcte, sans accusation abusive » mais aussi la sensibilisation de la population « pour qu’elle se prenne en charge en adoptant un comportement responsable ».

Populations autochtones

Dans leur déclaration du 21 juin, les évêques africains ont estimé que les populations autochtones doivent participer aux discussions sur la biodiversité et le climat. Elles « sont parmi les premières à subir les effets néfastes de la crise climatique en raison de leur relation étroite avec l’environnement et de leur rôle de gardiens de la création de Dieu qu’elles exercent depuis longtemps », rappellent-ils notamment.

Le Sceam a par ailleurs uni sa voix à celle des organisations de défense de la nature qui plaident pour la protection de 50 % de la Terre d’ici à 2030, afin d’éviter les pires effets de la dangereuse crise climatique.

Lucie Sarr

Source : africa.la-croix

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