Ouganda


Les martyrs de l’Ouganda de nouveau célébrés à Namugongo

Procession avec les reliques des saints martyrs, au sanctuaire de Namugongo
Procession avec les reliques des saints martyrs, au sanctuaire de Namugongo

Après deux ans d’interruption à cause de la pandémie de Covid-19, le pèlerinage de Namugongo a de nouveau été organisé cette année. De nombreux chrétiens célèbrent de nouveau, ce 3 juin 2022, les martyrs de l’Ouganda au lieu où furent suppliciés ces témoins du Christ canonisés en 1964.
 Stanislas Kambashi, SJ – Cité du Vatican

L’Église universelle célèbre ce 3 juin les martyrs de l’Ouganda. De nombreux chrétiens ont entamé, depuis déjà quelques jours, le pèlerinage au sanctuaire de Namugongo, lieu de torture des vingt-deux martyrs. Après deux ans d’interruption à cause de la pandémie du Covid, près de deux millions de pèlerins ont pu se rendre en ce lieu de prière où le Pape François a célébré une messe en novembre 2015. C’est ce qu’a expliqué à Vatican News le Père Richard Niombi, missionnaire d’Afrique (père blanc), curé de la paroisse Mapeera-Nabulagala de Kampala, la capitale ougandaise.

Prier pour le monde et témoigner de l’espérance

Ces nombreux pèlerins proviennent aussi bien de l’intérieur de l’Ouganda que d’autres pays, a indiqué le père blanc. Pour lui, cette affluence s’explique notamment par la soif spirituelle et la connaissance que les chrétiens ont désormais de ces martyrs. Après deux ans de pandémie, les chrétiens se rendent à Namugongo pour prier pour le bien du monde et témoigner de leur espérance. Certains ont été préparés spirituellement dans leurs diocèses en méditant particulièrement sur le thème qui marque le pèlerinage de cette année:  «baptisés et envoyés pour témoigner du Christ par l’espérance».

Une célébration œcuménique, malgré les difficultés liées à la pandémie

L’une des caractéristiques du pèlerinage de Namugongo est son aspect œcuménique, car ce sont les chrétiens de différentes dénominations qui s’y rendent, parmi lesquels les catholiques et les anglicans. Chaque année, il y a une recollection ou une retraite commune organisée par les évêques catholiques et anglicans et les prélats se rencontrent pour une réunion conjointe. Il y a aussi des prières communes dans les sanctuaires anglican et catholique. Mais cette année, les restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 ont constitué une entrave majeure à l’organisation de ces activités communes. Toutefois, les chrétiens catholiques, anglicans et protestants ont pu effectuer ensemble le pèlerinage pour se confier à l’intercession des martyrs.

Les martyrs de l’Ouganda, un témoignage pour les jeunes

Après leur canonisation, les saints Kizito (qui avait 13 ans au moment de son martyr) et Charles Lwanga furent proclamés patrons de la jeunesse africaine. Pour le père Niombi, tout en constituant un témoignage pour les jeunes, les martyrs de l’Ouganda enseignent à faire confiance à la jeunesse et à ne pas toujours renvoyer à plus tard les moments où elle assumer des responsabilités.

Les vingt-deux martyrs étaient jeunes en âge, mais ils étaient parmi les élites de leur royaume, ce qui signifie qu’ils étaient assez matures pour assumer des charges. Certains étaient même chefs, a déclaré le missionnaire d’Afrique. Ils avaient des responsabilités aussi bien dans la société que dans l’Église, en tant que leaders des communautés chrétiennes, en servant comme enseignants ou catéchistes. «La leçon pour nous, c’est que les jeunes ont un rôle à jouer dans la société et dans l’Église aujourd’hui et pas seulement demain», a souligné le père blanc, exhortant tout chrétien à suivre la vie exemplaire des jeunes martyrs. 

Martyrisés pour la foi

Les vingt-deux martyrs catholiques ont été décapités ou brulés vifs entre 1885 et 1887 par les bourreaux de Mwanga, roi du Buganda, dans le sud de l’actuel Ouganda. Alors qu’ils persévéraient dans leur foi – certains d’entre eux étant encore catéchumènes – les dignitaires de la cour réussirent à convaincre le roi qu’ils ourdissaient un complot contre lui. Les jeunes chrétiens furent alors suppliciés à tour de rôle. Certains d’entre eux étaient pages ou fonctionnaires à la cour. 23 autres chrétiens anglicans furent également tués durant la même période.

Ils ont été béatifiés le 6 juin 1920 par le pape Benoit XV et canonisés le 18 octobre 1964 par le Pape Paul VI.

Voici les noms des vingt-deux martyrs catholiques: Joseph Mukasa, Denis Ssebuggwawo, André Kaggwa, Achille Kiwanuka, Pontien Ngondwe, Charles Lwanga, Kizito, Jean-Marie Muzey, Adolphe Ludigo Mukasa, Ambroise Kibuka, Anatole Kiriggwajjo, Athanase Bazzekuketta, Bruno Serunkuma, Jacques Buzabalio, Gonzague Gonza, Gyavira, Luc Banabakintu, Matthias Mulumba , Mbaga Tuzinde, Mugagga, Mukasa Kiriwawanvu, Noé Mawaggali.

Source: vaticannews

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