R.D. Congo


«Le Pape François et le "Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre"»
présenté à Kinshasa

L’ouvrage collectif «Le Pape François et le "Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre" (R.D. Congo)» est la version française du livre publié en italien en décembre 2020. Préfacé par le Pape François et publié par la Librairie Éditrice du Vatican (LEV), il introduit au rite congolais (zaïrois) de la messe. Il est présenté ce vendredi 8 avril 2022, à Kinshasa, à l’Université Catholique du Congo (UCC).
 

Stanislas Kambashi,SJ – Cité du Vatican

Avant la présentation de l’ouvrage «Le Pape François et le "Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre" (R.D. Congo)», l’un des corédacteurs, l’abbé Jean-Pierre Sieme, prêtre congolais, professeur de théologie, membre ordinaire et conseiller à l’Académie Mariale Pontificale Internationale, a accordé une interview à Vatican News, au cours de laquelle il est revenu sur certains aspects de cet ouvrage dirigé par sœur Rita Mboshu et coécrit par Maurizio Gronchi, Jean-Pierre Sieme Lasoul, Oliver Ndondo e Silvina Perez.

Une édition qui visait en premier lieu un public italophone

L’ouvrage a été publié d’abord en italien car il faisait suite à la messe du 1er décembre 2019, lorsque le Pape François célébra, avec la communauté congolaise de Rome, dans la basilique Saint Pierre en utilisant le «Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre». La messe était célébrée à l’occasion des 25 ans de l’aumônerie congolaise de Rome.

Ce n’est qu’après cette célébration que plusieurs personnes ont su qu’il existait un rite zaïrois de la messe ainsi qu’un «Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre», le seul rite approuvé par l’Église depuis le Concile Vatican II. Certaines d’entre elles avaient participé à la messe célébrée en italien par le Saint Père dans la basilique. Pour répondre directement à ce public et étant donné que l’aumônerie congolaise célèbre des messes en français et en italien en utilisant le même missel, les auteurs avait choisi de publier tout d’abord une édition en italien.

La traduction dans les langues du pays

Pour l’abbé Sieme, le «Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre», approuvé en 1988, répond à un besoin réel, car les éléments culturels du Congo y sont valorisés. Traduit dans plusieurs langues locales, il permet au peuple de Dieu en RD Congo de vivre la liturgie en profondeur, «parce que le peuple comprend mieux ce qu’il célèbre, il vit ce qu’il célèbre et il exprime mieux sa joie de célébrer».

Par ailleurs, la célébration eucharistique est une manière d’évangéliser. Le peuple peut mieux connaitre le Christ lorsqu’il est annoncé dans une langue qu’il comprend et en empruntant les éléments de sa culture. En outre, l’Église du Congo a toujours insisté sur l’inculturation du message évangélique, qui ne peut se faire que dans les langues locales.

Pour toutes ces raisons, cet ouvrage sera aussi traduit dans les langues du pays, dont les quatre langues nationales : le lingala, le swahili, le tshiluba et le kikongo.

Le missel et les éléments de la spiritualité africaine

L’ouvrage comprend trois articles qui expliquent le contenu du missel. Après la préface, les auteurs abordent l’historique, en parlant de l’évolution du Missel Romain lui-même. Est ensuite présentée la genèse du «Missel Romain pour les Diocèses du Zaire», en commençant par l’initiateur, le Cardinal Joseph-Albert Malula. La deuxième partie identifie les réalités congolaises et africaines particulièrement les éléments de la spiritualité africaine présents dans ce missel, car c’est l’africain qui vit et célèbre. Le missel est aussi adapté pour d’autres pays africains, et non pas seulement pour le Congo, car on peut trouver des points de rencontre dans les manières africaines de louer Dieu, a indiqué l’abbé Sieme.

Un modèle pour d’autres rites

Dans le «Missel Romain pour les Diocèses du Zaïre» sont intégrés des éléments sociologiques et anthropologiques des contextes africains, explique l’abbé Sieme. En Amazonie, on est presque dans le même cas. Les réalités sociologiques et anthropologiques du peuple amazonien pourraient aussi inspirer un rite adapté à la manière de célébrer l’eucharistie, de louer Dieu propre à ce peuple, préconise le prêtre congolais. Le rite congolais de la messe a en effet a été présenté comme modèle pouvant inspirer un rite amazonien de la célébration de l’eucharistie.

La danse dans la liturgie congolaise

La danse est un élément important dans le rite congolais de la messe. Elle accompagne les chants liturgiques. Elle est elle-même «danse liturgique». Ce n’est pas du folklore comme certains peuvent penser ou dire. Par différents types de danses, l’africain exprime ses états d’âme: la joie, la fête, le deuil, les désirs de son cœur. En cela, l’africain n’est pas loin du psalmiste qui loue Dieu avec les danses (Ps 149, Ps 150). «L’homme africain devant Dieu manifeste sa joie parce que c’est une créature qui s’exprime devant son créateur. Nous ne pouvons pas ne pas louer Dieu avec de la joie. Comme dit le Pape François, notre évangile, c’est l’évangile de la joie, l’Evangeli Gaudium», a insisté le prêtre congolais, co-auteur de l’ouvrage collectif.

Le livre publié en italien et traduit en français n’est pas la fin de tout, mais plutôt un jalon, une provocation «pour que les autres continuent à travailler sur ce missel afin de promouvoir l’aspect scientifique» a déclaré l’abbé Sieme, qui invite à poursuivre la tâche en travaillant sur d’autres aspects, les rituels et les sacrements par exemple.

Source : vaticannews

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