MALAWI


Les Évêques : " Assez de la corruption et des querelles au sein de la coalition gouvernementale qui bloquent le pays "

Lilongwe (Agence Fides) - "Assez de la corruption et des querelles politiques qui bloquent la Nation". C'est le sens de la lettre pastorale de la Conférence des Évêques du Malawi qui a été lue le 6 mars, premier dimanche du Carême, dans les églises du pays.

Les Évêques affirment que la nouvelle direction du président Lazarus Chakwera, qui a remporté les élections de 2020, a plongé le pays dans des conflits politiques sans fin, notamment entre les partis qui composent l'Alliance au pouvoir. "Ces querelles présentent au public un manque de cohésion au sein de l'Alliance et un sentiment d'absence de direction", disent-ils dans la lettre publiée 30 ans après une autre lettre pastorale qui a aidé le Malawi à passer d'un système à parti unique à un système multipartite.

Les Évêques déclarent également qu'il est inquiétant qu'un président qui a fait campagne contre la corruption continue à maintenir ses ministres et son personnel impliqués dans des pratiques de corruption.

La lettre ne cite pas d'exemples précis, mais en janvier, le président Chakwera, qui avait déjà limogé deux ministres impliqués dans des affaires de corruption ou d'abus de pouvoir, n'a pas renvoyé le ministre des ressources agricoles Kezzie Msukwa pendant plus de trois semaines après son arrestation pour son implication dans un scandale concernant l'octroi de parcelles de terrain à des hommes d'affaires étrangers.

Un autre problème souligné par les Évêques est l'incapacité du gouvernement à mettre fin au pillage des ressources publiques par des ressortissants étrangers en collaboration avec des politiciens et des fonctionnaires corrompus. Les Évêques sont également préoccupés par l'interférence du bureau du Président et du cabinet dans le fonctionnement des entreprises et organisations publiques. "Le bureau du président est devenu une source d'inefficacité et de mauvaise gestion du service public", accusent les Évêques.

Le 4 mars, dans la capitale Lilongwe, la police a lancé des gaz lacrymogènes à plusieurs milliers de manifestants qui s'étaient rassemblés pour présenter une pétition dénonçant la corruption. L'organisateur de la manifestation, Joshua Chisa Mbele, responsable de l'ONG Citoyens contre l'impunité et la corruption, a dénoncé la brutalité de la réaction de la police contre des manifestants qu'il a qualifiés de "pacifiques".

Source : fides.org

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