Burkina Faso


La solidarité du pape après l’attaque de Solhan

Le pape a écrit à une Italienne défigurée à l’acide par son mari il y a six ans pour lui demander pardon au nom d’une humanité
« indifférente ». / Maria Laura Antonelli/Photoshot/MaxPPP

Le pape François a exprimé sa proximité avec le peuple burkinabè, dimanche 6 juin, au lendemain de l’attaque meurtrière à Solhan, dans le Nord-Est du Burkina Faso, à la frontière avec le Mali. Au moins 140 personnes ont été tuées dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 juin par les terroristes qui sévissent dans ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis une demi-douzaine d’années.

« Je désire assurer de ma prière pour les victimes du massacre survenu la nuit de vendredi à samedi dans un village du Burkina Faso », a affirmé le pape François dimanche 6 juin au terme de la prière de l’angélus qu’il a prononcée, à la place Saint-Pierre de Rome.

« Le peuple burkinabè est en train de beaucoup souffrir à cause de ces attaques répétées. L’Afrique a besoin de paix et non de violence », a-t-il ajouté.

Le Saint-Père évoquait par ces mots la plus sanglante attaque terroriste au Burkina Faso depuis le début, en 2015, des assauts des djihadistes.

Attaque

La nuit du vendredi 4 au samedi 5 juin, des individus armés ont attaqué le village de Solhan, dans la province du Yagha, dans le nord-est du Burkina Faso, tuant au moins 140 personnes. Selon des sources locales, la tuerie a d’abord visé un poste de supplétifs de l’armée, les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), avant de s’étendre aux habitations. Depuis le 21 janvier 2020, la loi des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) a été promulguée au Burkina Faso. Elle permet au Burkinabè ayant atteint l’âge de la majorité, de se faire enrôler comme auxiliaires des forces de défense et de sécurité. Les VDP ont pour missions « de contribuer, au besoin par la force des armes, à la défense et à la protection des personnes et des biens de son village ou de son secteur de résidence, en vertu d’un contrat signé entre le volontaire et l’État ».

Le même jour, dans la localité de Tadaryat, dans la province de l’Oudalan, au nord du Burkina Faso, 14 personnes — dont au moins un Volontaire pour la défense de la patrie- ont été tuées.

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé son indignation suite à ce massacre. Il a condamné vivement « cette attaque horrible » et souligné « la nécessité urgente que la communauté internationale renforce son soutien à l’un de ses membres dans son combat contre la violence extrémiste et son bilan humain inacceptable ».

Un deuil national de 72 heures a été décrété par les autorités Burkinabè, du 5 au 7 juin.

Depuis 2015, les attaques djihadistes ont fait près de 1500 morts et plus d’un million de déplacés. A lire: Au Burkina Faso, face aux attaques terroristes, les « Prêtres messagers » chantent pour la paix

Lucie Sarr

Source: africa.la-croix.com

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