Burkina Faso


Au Burkina Faso, la vie des prêtres à la retraite

L'abbé Alexandre Zango, admis à la retraite dans la maison St jean marie Vianney de ouagadougou/ Kamboissoa Samboé/LCA

Au Burkina Faso, comme partout dans le monde, les prêtres et évêques sont admis à la retraite à partir de 75 ans. Mais comment vivent-ils cette période ? La Croix Africa a rencontré plusieurs d’entre eux.

Le père Alexandre Zongo n’a plus de voix : « les cordes vocales, ma voix ne sort plus », explique-t-il. Pourtant, il y a plusieurs années, sa voix faisait l’admiration de tous. « On allait à vélo, sans micro, vêtu de soutane, ceinture aux reins, prêchant la bonne parole, on criait fort », se remémore-t-il.

À 92 ans, il continue de se promener dans la cour de St Jean-Marie Vianney, l’une des maisons des prêtres retraités de Ouagadougou. Tout à l’heure, il dira « sa messe, à lui seul ». Ordonné en 1958, il totalise 59 ans de sacerdoce, et vit sa retraite, au milieu de ses confrères, 7 au total.

Père Clochard

Le père Joseph Clochard, religieux missionnaire d’Afrique (Père blanc) a été ordonné en 1967. Malgré sa retraite, depuis 2018, il reste toujours en service : « Je travaille avec la commission diocésaine du dialogue islamo-chrétien pour donner un esprit d’ouverture à l’autre. Je dis les messes, j’accompagne des groupes. Chaque jour, je soutiens mes confrères. Tant que la santé est là, que le Seigneur me le permet et que l’Église locale m’accepte, je reste », confie-t-il.

Loin de la maison de retraite, il vit en communauté, très actif pour répondre à des sollicitations diverses : « le travail à faire est immense pour que le royaume de Dieu s’agrandisse, c’est un royaume de justice. Chacun à notre place, nous y sommes appelés. Il faut construire le royaume du père », estime-t-il.

Le père Jean-Baptiste Zongo

Le père Jean Baptiste Zongo, 86 ans ne fait pas son âge. Ordonné en 1963, il est énergique et doté d’une mémoire d’éléphant. S’il ne préside plus les célébrations eucharistiques les dimanches, il aime toujours parcourir de longues distances pour rencontrer les autres. « Je déborde naturellement de joie. Il faut être ouvert aux autres. Je sors marcher et discuter avec mes connaissances. Ma vue est toujours bonne et j’évite de me servir des lunettes. Après la messe matinale, j’achète les journaux, et je bois à la santé de ceux qui viennent me rendre visite », se réjouit-il.

Des retraités pas comme les autres

La retraite n’éloigne pas les prêtres du service à la communauté. Le père François de Sales Naré, accompagnateur des prêtres âgés de la maison St Jean-Marie Vianney précise : « Dans la communauté des prêtres âgés, on vit ensemble en ayant à l’esprit qu’ils ne sont plus en service. Cela n’exclut pas qu’ils soient toujours prêtres, la base c’est donc la prière, l’onction sacerdotale s’accomplit. »

Selon lui, certains prêtres de plus de 75 ans sont toujours en paroisse et rendent toujours service. « L’âge n’est pas un fardeau, estime-t-il. La maison des prêtres à la retraite, c’est un lieu de prière, de recherche, ils lisent et écrivent. Ceux qui sont à la retraite, prient pour ceux qui sont en service. Ils reçoivent de la visite. Malgré l’âge, ils rendent service, donc, souvent c’est difficile de dire qu’ils sont à la retraite ».

Évêques à la retraite

Des évêques à la retraite sont également actifs, à l’image de Mgr Marius Kinda, pénitencier diocésain de Ouagadougou, qui rend service au confessionnal de la cathédrale de l’Immaculée-Conception de Ouagadougou. Pour sa part, Mgr Jean-Marie Compaoré, archevêque émérite de Ouagadougou, 87 ans, à retraite depuis 2009, continue de dire des messes tandis que Mgr Pier Giorgio Debernardi, évêque émérite du diocèse italien de Pinerolo, résidant à Ouagadougou, est occupé dans les actions humanitaires et de formation.

Mais ces retraités sont confrontés à des fragilités. Ils tentent de s’adapter à cette nouvelle vie, tout en gardant les liens avec leurs familles d’origine : « On ne peut oublier sa famille, c’est le lien d’affection », confie le père Joseph Clochard. Pour ceux qui vivent en communauté, en paroisse, tout est mis en œuvre pour leur faciliter le quotidien. Quant à ceux de la maison St Jean Marie Vianney, une communauté de religieuses leur rend service.

Kamboissoa Samboé (Ouagadougou)

Source: africa.la-croix

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