MOZAMBIQUE


Appel de l'ancien Evêque de Pemba face à la souffrance
de la population à cause du conflit et de l'aggravation
de la situation des réfugiés à Cabo Delgado

Pemba (Agence Fides) - « La province de Cabo Delgado souffre actuellement à cause d'une guerre de matrice terroriste et ce depuis désormais trois ans et quatre mois. Le conflit en question a provoqué l'évacuation de plus de 600.000 personnes et la mort de plus de 2.000 autres. La ville de Pemba, sa capitale, a accueilli depuis le début du conflit plus de 150.000 évacués et chacune des autres villes de la zone sud ou du centre se trouvent dans des situations similaires, à savoir avec des milliers d'évacués dont la situation s'est lourdement aggravée avec les passages des cyclones qui se sont abattus dans ces zones au cours de ces derniers mois ». C'est ce qu'affirme à l'Agence Fides S.Exc. Mgr Luiz Fernando Lisboa, jusqu'ici Evêque de Pemba, lequel s’apprête à quitter la province en ce que nommé par le Pape François Archevêque (à titre personnel) Evêque du Diocèse de Cachoeiro de Itapemirim, au Brésil.

La province de Cabo Delgado est le théâtre de violents affrontements depuis 2017. L'Evêque remarque le moment grave que traversent actuellement certaines zones du Mozambique, mettant à dure épreuve le parcours de renaissance entrepris par l'ensemble du pays depuis la fin du conflit sanglant en 1992.

« Le surpeuplement et l'énorme concentration de personnes dans certaines zones – explique-t-il à Fides – ont favorisé l'ultérieur déplacement de milliers de personnes en direction des trois provinces de Nampula, Niasa et Zambezia, élargissant la zone de criticité. Entre temps, les attaques se poursuivent et, même s'ils sont moins nombreux, nous avons du mal à entrevoir la fin du conflit ». L'Evêque continue : « Au cours de l'an dernier, outre les attaques, nous avons malheureusement dû faire face également à deux cyclones au Mozambique, dont un, Ida, a frappé le centre du pays alors que l'autre, Kenneth, a sévi justement en province de Cabo Delgado. Les deux événements ont laissé sur leur passage destruction et pertes en vies humaines. A la fin de l'an dernier et au début de cette année par ailleurs, la région centrale du pays a été touchée par deux nouveaux cyclones. La région de Cabo Delgado est en pleine saison des pluies et la situation aggravera sûrement les conditions des nombreuses personnes qui vivent sous la tente, dans des camps ou des logements de fortune. Toute la province e Cabo Delgado est une zone de guerre et elle est habitée par quelques 2,34 millions de personnes. Ceux qui n'ont pas évacué sont frappés par la grave situation exactement comme ceux qui ont choisi de quitter la zone ».

Les tentatives d'ouvrir de négociations se heurtent toutes à l'impossibilité de trouver des interlocuteurs parmi les terroristes et des représentants officiels de leurs instances. « Il n'existe personne avec qui négocier – note l'Evêque – parce que les terroristes n'ont pas un visage, n'ont pas exprimé le nom d'un représentant. Le Président de la République a déjà offert une protection aux jeunes qui quitteront les groupes armés mais jusqu'ici son appel est resté sans réponse. Nous espérons qu'avec l'aide de l'Union européenne, de l'Union africaine, de la SADC (Southern African Development Community), nous pourrons sortir de cette situation ».

L'Eglise, notoirement considérée comme un organe de médiation et un organisme de soutien aux populations touchées par des conflits ou des catastrophes, joue un rôle de premier plan en ce moment compliqué.

« Actuellement – conclut l'Evêque – il n'est pas possible de débuter de médiations parce que nous ne saurions pas avec qui négocier. L'Eglise a toujours été et sera toujours à la totale disposition du dialogue et elle s'offre de manière permanente en tant que médiatrice fiable. Nous avons rempli notre devoir consistant à parler, à dénoncer la guerre dès son début, une position qui n'a pas plus à de nombreuses personnes, dont des représentants du gouvernement. L'Eglise a activé, au travers de la Caritas, la distribution d'aides humanitaires. Récemment, elle a constitué une équipe de quelques 70 personnes fournissant un service de soutien psychosocial en rencontrant les personnes et leur permettant de raconter leur histoire, leurs traumatismes, leurs drames et de parvenir, ave leur aide, à relever la tête et à recommencer ».

Source: fides.org

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