ZIMBABWE

Action commune en faveur du dialogue dans le cadre
d'une situation critique de la part des églises chrétiennes

Harare (Agence Fides) - “Après les élections, tous pensaient que nous aurions affronté les violations des droits et pris le chemin d'un avenir pleinement démocratique. En réalité, il semble qu'en moins de deux ans, tout ait été gaspillé. Les violations se poursuivent. Des morts, des arrestations et de nombreuses souffrances sont dénombrées. La nouvelle Constitution, approuvée en 2013, attend encore d'être appliquée. Des retards s'enregistrent et il existe des intentions de révision du texte visant à augmenter les pouvoirs du gouvernement”. Telle est l'analyse faite, dans le cadre d'un entretien accordé à l'Agence Fides, par le pasteur Kenneth Mtata de l'église luthérienne et Secrétaire général du Conseil des églises du Zimbabwe (ZCC), plateforme regroupant les églises protestantes qui offre une contribution en matière d'engagement dans les domaines éthique et civile dans le cadre de cette phase critique de l'histoire nationale.

Le parcours du Zimbabwe en direction de la démocratie, à près de deux ans des élections historiques ayant mis un terme à l'interminable ère du dictateur Robert Mugabe – au pouvoir pendant 38 ans – est fortement accidenté. Les terribles données provenant du grenier d'Afrique, vidé par des années de dictature et défiguré sur le plan des droits se confirment dans toute leur brutalité. Les quelques 17 millions d'habitants qui étaient descendus dans les rue en masse pour fêter la fin du tyran et avaient espéré que la victoire limitée d'Emmerson Mnangagwa, responsable du ZANU-PF, le parti même de R. Mugabe, aux élections de juillet 2018, aurait marqué le début d'une nouvelle ère de démocratie et de prospérité, doivent maintenant faire les comptes avec une situation dramatique. En effet, le taux de chômage est de 95%, celui de l'inflation dépasse les 500% et plus de 70% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté, sachant que règne une grave instabilité politique et que les droits sont foulés aux pieds.

Les données socioéconomiques font état d'une situation limite. “Tous s'attendaient à une reprise économique, aux vues des ressources de notre pays mais les paramètres économiques ont empiré au cours de ces deux dernières années et l'inflation est proche de 600%. Les deux partis politiques les plus représentés, en outre, ne collaborent pas et la situation devient chaque jour plus préoccupante, avec de forts taux de corruption” indique le pasteur Kenneth Mtata.

Pour relancer le dialogue national et tenter de sortir de l'impasse, les églises se sont elles aussi engagées, se rendant protagonistes d'initiatives de haut profil social et politique. “En décembre, nous avons lancé le Compréhensive National Sept-îles Frameries, une plateforme qui regroupe la société civile, les travailleurs et les organismes de représentation. Son but est d'augmenter l'impact d'une action commune et de contraindre les partis politiques à dialoguer. La présidence appartient à la Conférence épiscopale catholique alors que le Conseil des églises s'est vu confier le Secrétariat. Nous proposons dans ce cadre un forum national avec tous les acteurs politiques. Ces jours-ci nous passons à la phase opérationnelle et avons confiance dans le fait qu'il s'agisse d'un instrument efficace pour sortir du tunnel”.

Source: fides.org

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