Togo

Les évêques exhortent les chrétiens à poursuivre leurs engagements politiques

Au Togo, la problématique de l’alternance politique et de la candidature de l’actuel chef de l’État Faure Gnassingbé à la présidentielle de 2020 pour un quatrième mandat fait débat. C’est dans ce contexte que la Conférence des évêques du Togo s’est prononcée, le 18 octobre, sur la situation politique dans un message qui encourage les chrétiens à s’engager en politique.

La Conférence des évêques du Togo (CET) a tenu sa 122e Session ordinaire du 15 au 18 octobre à Daluag, dans le diocèse de Dapaong, à 625 km de Lomé. Au terme de cette session, un message a été publié, sous le titre intitulé «Baptisés et envoyés, nous sommes en mission dans l’Église et dans le monde».

Après les législatives de décembre 2018 boycottées par les principaux partis d’opposition, le Togo a une nouvelle Assemblée nationale qui a procédé à la réforme constitutionnelle – qui demeure controversée. En juin 2019, les locales auxquelles a participé l’ensemble de la classe politique ont permis l’élection des conseillers municipaux.
Mais la présidentielle de 2020 ne semble pas à l’abri de tensions. C’est dans ce contexte que la CET, dans un message signé par son président, Mgr Benoît Alowonou, interpelle ces concitoyens: «Nous déplorons que les élections législatives se soient déroulées dans un climat sociopolitique particulièrement tendu. Voilà pourquoi, nous invitons tous les acteurs de la prochaine élection présidentielle à conduire le processus dans la paix, la transparence, la justice et le respect de la volonté des citoyens.»

Face aux inquiétudes que suscitent les prochaines échéances, les évêques appellent à la prière, à la retenue, à la recherche de la paix et de la justice et exhortent les chrétiens à ne pas «démissionner» de leurs engagements sociopolitiques qui font également partie de la mission des baptisés.

Les chrétiens appelés à s’engager en politique
Cette déclaration suscite divers commentaires parmi les laïcs catholiques. «On constate, en effet, une démission des chrétiens dans l’engagement politique de notre pays, une démission dont les racines émanent de la mauvaise compréhension du terme politique», fait remarquer Roger Folikoué, universitaire, qui a animé, mardi 29 octobre à Lomé, une conférence sur le thème «Irrégularités dans les élections au Togo: niches pour la fraude?». Dans la continuité de leur lettre pastorale d’avril 2016, relève encore Folikoué «les évêques affirment quelque chose de fondamental en citant Mgr Oscar Romero pour qui l’on doit faire de la politique une vocation de service en faveur du bien commun». Cette idée, déduit-il, «doit pousser tous les baptisés y compris les évêques à plus d’engagements concrets au nom de la vérité de l’homme».

Dans le même sens, le père Casimir Kodo, recteur du sanctuaire marial Notre-Dame-des-Douleurs de Kovié a appelé, samedi 26 octobre, les membres de l’Œuvre Kolping, une association internationale du Togo, «à s’engager sur les plans social et politique, en tant que chrétiens et non pour leurs propres intérêts». C’était à l’occasion de leur deuxième rencontre nationale à Lomé.

Au sujet du refus d’accréditer le Conseil épiscopal Justice et Paix (CEJP-Togo) pour l’observation électorale en juin 2019, l’universitaire Folikoué appelle l’Église à ne pas céder au chantage du gouvernement qui a évoqué un doute sur le financement du CEJP-Togo, un argument que rejettent les évêques dans leur message.

Charles Ayetan, à Lomé

Source:africa.la-croix

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