Cameroun

 

La pandémie a pesé sur les célébrations pascales


Cathédrale notre dame de victoire de Yaoundé/Wikipédia

Au Cameroun, de nombreux chrétiens ont dû renoncer à se rendre dans les lieux de culte tandis que d’autres ont vécu le triduum pascal sous contraintes sanitaires.

Avec la pandémie de Covid-19, au Cameroun, le triduum pascal a été célébré de manière particulière cette année. En plus de la suppression du rite de lavement des pieds, les rites inculturés de la Passion du Christ – qui incluaient des éléments des cultures locales aux célébrations – ont été suspendus, notamment dans le diocèse de Yaoundé.

À la paroisse Christ Roi de Tsinga, dans le diocèse de Yaoundé, Marie Rose Ntsama a vécu un Jeudi Saint pas comme les autres. « Généralement pendant la liturgie du Jeudi Saint, nous revivons l’humilité de notre Seigneur Jésus à travers la scène du lavement des pieds », raconte-t-elle. Cette année, à cause de la pandémie qui implique d’éviter les contacts, il n’y a pas eu de rite du lavement de pieds.

Le curé de cette paroisse, le père Gabriel Mintsa Ndo avait prévenu assez tôt, profitant de l’occasion pour sensibiliser sur la pandémie. « Il a demandé à tous les fidèles de porter en prière cette semaine sainte afin qu’elle se déroule sans frustrations. Toutes les personnes présentes lors des offices devaient absolument porter un masque et respecter les mesures barrières », précise Ferdinand Emmanuel Kom, un paroissien.

Mesures barrières

Jeudi 25 mars, Mgr Jean Mbarga, archevêque de Yaoundé, a recommandé aux prêtres de s’en tenir au rite romain et d’abandonner, pour l’heure, les rites inculturés pour éviter les contacts physiques.
Azeme Léon, de la paroisse Saint Paul au quartier Melen formule quelques regrets : « L’inculturation du message évangélique, à travers la liturgie ecclésiale dans l’Église catholique du Cameroun est partie de notre paroisse. Cette année, à cause des mesures barrières contre le coronavirus, l’évêque nous a demandé de nous en abstenir. Du coup, le Vendredi saint a encore été plus triste pour nous ».

Le dimanche de Pâques fut laborieux pour les prêtres qui devaient administrer des baptêmes. À la paroisse Christ Roi de Tsinga, des dispositions particulières ont été prises pour la quarantaine de bébés et enfants portés par leurs parrains pour recevoir ce sacrement.

« Il a fallu à chaque fois que le curé s’arrête après chaque étape du baptême d’un enfant, pour se désinfecter les mains. Ce qui a allongé la cérémonie de baptêmes », raconte Ferdinand Emmanuel Kom.

Dans le Nord

Dans le diocèse de Ngaoundéré, situé dans la région de l’Adamaoua, dans le nord du Cameroun, Mgr Emmanuel Abbo, l’évêque, a célébré la messe pascale à la paroisse de Ngaoundal. « Avant son arrivée, Mgr Abbo nous a exhortés à respecter les mesures barrières en évitant de faire foule », explique Ahmadou Paul Gérard, fidèle de Ngaoundal. « Il a fallu une longue sensibilisation pour que les uns et les autres acceptent de rester à la maison et ne pas venir à la rencontre de notre évêque ».

Protestants

Du côté des protestants de l’Église presbytérienne du Cameroun, le culte de la paroisse Marie Gocker, situé au Centre-ville de Yaoundé a été soumis à un contrôle strict des mesures barrières, notamment se laver les mains à l’entrée du temple. « Pour les fidèles privilégiés qui ont été retenus pour prendre part au culte pascal, il fallait éviter les bains de foules qui favorisent les contaminations. Nous devons aider les autorités camerounaises à en finir avec cette pandémie », commente Engelbert Etoua, un membre de cette Église.

« Le plus difficile fut quand même de ne pouvoir ni se donner l’accolade ni s’embrasser le jour de Pâques pour témoigner notre joie au Ressuscité. C’était vraiment frustrant », explique Clémentine Mbazoa, fidèle catholique de l’association mariale de la paroisse Notre Dame des Champs de Mbandjock dans le diocèse d’Obala.

Jean François Channon Denwo (à Yaoundé)

Source:  africa.la-croix

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