Tanzanie


Appel de l'Episcopat en direction du gouvernement en faveur
d'une économie sociale de marché en mesure d'éradiquer la pauvreté

Dodoma (Agence Fides) – Le gouvernement tanzanien doit adopter un nouveau modèle économique, celui de l'économie sociale de marché, visant à avoir une nation disposant d'une croissance économique durable et inclusive. C'est ce que souhaitent les Evêques de Tanzanie pour favoriser la participation au développement de l'ensemble de la nation.

« La Tanzanie a besoin d'une idéologie économique qui concentre les activités de développement du pays en direction d'une économie inclusive dans laquelle le libre échange et la concurrence seraient équilibrés » a déclaré le Père Charles Kitima, Secrétaire général de la Conférence épiscopale de Tanzanie (TEC). « Cet équilibre provient de l'Etat qui doit jouer un rôle de médiateur et des personnes qui représentent la priorité du pays » a souligné le prêtre à l'occasion d'un séminaire s'adressant aux opérateurs des moyens de communication et portant sur la manière de s'engager dans le domaine de l'adaptation de l'économie sociale de marché.

Le modèle proposé constitue le résultat d'une recherche scientifique et d'une analyse conduite par les économistes de la Mzumbe University, de la St Augustine University of Tanzania (SAUT) et de la Dar es Salaam University, coordonnée par les responsables religieux locaux. « Renforcer et construire des économies nationales sous leur gouvernement respectif » est l'objectif.

« Nous sommes convaincus que ce système, que nous étudions depuis 2016, constitue le meilleur et qu'il permettra ò ka Tanzanie de créer une économie durable pour les individus » a déclaré le Père Kitima, un système qui aide à réduire l'inflation et le chômage et améliore également le milieu de travail en promouvant le bien-être social.

Dans la note parvenue à l'Agence Fides, le prêtre a souligné que, pour qu'un pays se développe, il doit disposer d'un système économique solide et que c'est pour cela que certains pays sont parvenus à atteindre leurs propres objectifs. « Pour qu'une nation soit forte, elle doit avoir une économie forte. L'Economie de la Tanzanie est en croissance mais les citoyens en tant qu'individus sont encore pauvres, probablement à cause des méthodes, des philosophies et des technologies qui ont été employées et continuent à l'être ». Le Père Kitima a en outre exhorté les journalistes à s'assurer qu'au travers des nouvelles, des articles, des débats et des entretiens, ils présentent des contenus médiatiques transparents visant à expliquer ce système économique. « Vous avez la responsabilité de porter ce système à la connaissance de la communauté. Nous ne pouvons rien faire pour le développement national sans les moyens de communication et là où nous les avons ignorés, nous avons échoué » a-t-il déclaré. Il a en outre rappelé la grande responsabilité que les professionnels des moyens de communication ont en ce qui concerne l'explication détaillée du rôle de l'économie sociale de marché et l'explication de cette philosophie aux membres de tous les secteurs.

Un enseignant de la Saint Augustine University of Tanzania, fait écho aux Evêques. Pansian Ntui a mis en évidence combien le manque d'une philosophie et d'une idéologie a contribué à l'échec économique du pays depuis l'indépendance. « Depuis que nous avons obtenu l'indépendance, nous n'avons jamais eu un système permettant de guider un type d'économie saine : de 1961 à 1985, nous avons suivi l'économie socialiste, de 1985 à 1995 le système de marché libéral, de 1995 à 2005 le système des privatisations et ce jusqu'en 2005-2015. De 2015 à ce jour, nous mettons en œuvre une économie industrielle, ce changement nous rendant une nation privée de direction économique » a déclaré l'universitaire.

Source: fides.org

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