SOUTH SUDAN

Les évêques érigent la réconciliation en priorité de la nation


Le Pape François a reçu le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, au Vatican le 16 mars 2019.

«Que la paix soit une priorité de la nation». C’est l’espérance formulée par les évêques sud-soudanais pour Pâques, dans un message en date du 18 avril 2020. Après l’instauration d’un gouvernement d'union nationale de transition au début de l’année, le Soudan du Sud demeure dans l’instabilité.

«Nous ne pouvons pas nous permettre de nouvelles hostilités», assure Mgr Hiiboro Kussala, évêque de Tombura-Yambio. En effet à la situation politique et sécuritaire du pays déjà précaire, s'est ajoutée la pandémie de coronavirus, «ennemi plus grand qui menace tout le monde». Plus de 1,5 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays en raison du conflit, dont près de 200 000 personnes qui vivent dans des camps densément peuplés, gérés par les Nations-Unies.

Selon l’évêque sud-soudanais, le pays doit donc viser le «noble objectif» poursuivi pour obtenir l'indépendance en 2011, à savoir «la justice, la liberté et la prospérité pour tous». «Nous devons apprendre à vivre en frères, sœurs et amis, car c'est ce que nous sommes», a ainsi ajouté l'évêque de Tombura-Yambio.

Mgr Hiiboro Kussala a ensuite exhorté les responsables politiques à entamer «rapidement le dialogue pour trouver une solution aux questions en suspens, afin de donner au Soudan du sud, et à ses citoyens, une véritable paix et de permettre aux réfugiés, aux femmes et aux enfants de rentrer chez eux». La paix est la priorité, a-t-il martelé, appelant le gouvernement à compléter sa formation «en vue de promouvoir le bien commun».

La réconciliation, réponse aux fractures
L'archevêque de la capitale sud-soudanaise, Juba, Mgr Stephen Ameyu Martin Mulla, a pour sa part dans son message de Pâques souligné la nécessité de se réconcilier après tant d'années de conflit. «Les familles sont détruites, les communautés ethniques sont désintégrées, les citoyens sont en morceaux. La réconciliation est la seule réponse face à cette fracture», a-t-il plaidé, car elle «est un don de Dieu qui sauve l'humanité». Pour cela, il insiste sur la nécessité d’«une conversion intérieure radicale du cœur».

Guérison nationale après les traumatismes
L'archevêque de Juba, Mgr Martin Mulla, rappelle ensuite que le pays a connu «deux guerres civiles brutales, des atrocités, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, des viols». La population est donc «physiquement, psychologiquement et spirituellement traumatisée»; il est nécessaire que le gouvernement et toutes les Églises entament «un processus de guérison nationale».

Création d’une commission de vérité et réconciliation
«J'exhorte vivement le peuple du Soudan du Sud à apprendre à pardonner et à se réconcilier, comme l'ont fait les héros du passé, les enfants d'Afrique, comme Nelson Mandela», a poursuivi l’archevêque de la capitale, annonçant par la même occasion la création d'une commission indépendante de vérité et de réconciliation, «où chaque citoyen aura la possibilité de dire la vérité».

Urgence humanitaire
Au Soudan du Sud, l’urgence humanitaire se fait pressante. Des milliers de personnes qui ont fui les récents combats intercommunautaires ont aussi besoin d'aide, qu’il s’agisse de soins médicaux ou d’installations sanitaires.

La situation est critique particulièrement dans les prisons ainsi que les centres de détention du Service de sécurité nationale, généralement surpeuplés, insalubres et sans accès suffisant à des services de soins.

En avril 2019, les deux frères ennemis, le président Salva Kiir et Riek Machar, leader rebelle et ancien vice-président, avaient effectué une retraite spirituelle au Vatican, sous l’égide du Saint-Père afin d’aider à affermir l’accord de paix au Soudan du Sud, conclu en 2018. La rivalité des deux hommes avait déclenché en 2013 une guerre civile qui a fait 400 000 morts et près de 4 millions de déplacés.

Source: vaticannews.va

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