South Sudan

Un nouvel accord pour la paix au Soudan du Sud sous l’égide de Sant’Egidio

Sous l’égide de la communauté Sant’Egidio, le gouvernement sud-soudanais a signé, dimanche 12 janvier, à Rome, un accord de cessez-le-feu avec l’Alliance de l’opposition du Soudan du Sud (Ssoma) qui doit entrer en vigueur ce mercredi 15 janvier.

Le Soudan du Sud a pris une encourageante option pour la paix dimanche 12 janvier. Sous la médiation de la communauté Sant’Egidio, le gouvernement et l’Alliance de l’opposition du Soudan du Sud (Ssoma) qui regroupe six partis d’opposition – qui n’avaient pas adhéré à l’accord de paix pris en septembre 2018 à Addis-Abeba – ont signé un accord de paix.

Un accord de paix avait, en effet été conclu en septembre 2018, sans la participation de tous les groupes rebelles. Depuis cet accord, les combats ont diminué mais n’ont pas complètement cessé, ce qui avait poussé le Conseil des Églises du Soudan du Sud (Églises catholique, presbytérienne, épiscopale entre autres) à tirer la sonnette d’alarme dans son message de Noël.

Souffrances subies par le peuple sud-soudanais
Dans l’accord de Rome datant du 12 janvier, les signataires reconnaissent les souffrances que subit aujourd’hui le peuple sud-soudanais ainsi que les efforts accomplis par la communauté internationale pour aider le pays à sortir du conflit. Ils s’engagent à cesser les hostilités et à permettre aux organisations humanitaires locales et internationales de venir en aide à la population, tout en poursuivant le dialogue entamé sous l’arbitrage de la communauté Sant’Egidio.

Selon Paolo Impagliazzo, secrétaire général de Sant’Egidio, la «Déclaration de Rome» prévoit un cessez-le-feu à partir de minuit, mercredi 15 janvier.

Le Soudan du Sud est secoué par des violences depuis décembre 2013. À cette date, le président sud-soudanais Salva Kiir, a accusé Riek Machar, son ancien vice-président de fomenter un coup d’État. Le conflit a provoqué de nombreuses atrocités, fait plus de 380 000 morts et 4 millions de déplacés.

«Nous avons honte d’avoir causé cette guerre à notre peuple»
Dans un geste fort, le pape François s’était agenouillé en avril 2019 pour embrasser les pieds des deux leaders belligérants du Soudan du Sud invités au Vatican pour une retraite spirituelle de deux jours.

«Je voudrais lui dire [au pape] au nom de l’alliance des mouvements d’opposition et au nom de notre peuple, que nous avons honte d’avoir causé cette guerre à notre peuple et entre nous», a confessé Pa’Gan Amum Okiech, un leader de Ssoma. L’accord signé à Rome «permet à notre peuple de faire taire les armes, il permet à notre peuple de recevoir de l’aide humanitaire dans toutes les régions rurales de la République du Sud-Soudan, il nous permet de construire le pardon, la reconnaissance et l’harmonie entre toutes nos populations», a, pour sa part, reconnu Barnaba Marial Benjamin, un porte-parole du gouvernement sud-soudanais.

Lucie Sarr
Source: africa.la-croix

Return to the list of news