Malawi

Au Malawi, les évêques préoccupés par la crise postélectorale

Dans une déclaration publiée fin juin, les évêques catholiques du Malawi expriment leur préoccupation face au climat de tension qui prévaut dans le pays suite aux résultats des élections du 21 mai.

Ils invitent les fidèles à ne pas céder aux incitations à la haine et la violence.
La crise postélectorale qui prévaut au Malawi inquiète la Conférence des évêques catholiques qui s’est prononcée dans un communiqué, vendredi 28 juin. Les évêques malawites condamnent fermement la violence « sous toutes ses formes » qui continuent de secouer certaines parties du pays, depuis la proclamation des résultats des élections générales du 21 mai, donnant le président Peter Mutharika et son parti démocratique progressiste (DPP) vainqueurs.

Le Parti du congrès du Malawi (MCP) et le United Transformation Movement (UTM), deux partis d’opposition, contestent les résultats des élections devant les tribunaux et accusent la commission électorale de les avoir manipulés en faveur du président sortant. Ils organisent parallèlement, depuis quelques semaines, des manifestations dans le centre du pays, pour exprimer leur mécontentement. Ces manifestations ont entraîné des violences qui inquiètent l’épiscopat.

Manifestations pacifiques
« Nous dénonçons le vice commis sur des personnes innocentes et leurs biens sur des bases politiques, régionales et tribales. La violence est mauvaise et inacceptable, écrivent-ils. C’est contraire à la liberté pour laquelle nous nous sommes battus lorsque nous avons choisi un système de gouvernement multipartite. »

Dans sa déclaration, l’épiscopat rappelle que dans un pays démocratique tel que le Malawi, les citoyens en tant qu’individus ou en tant que groupe ont le droit d’organiser des manifestations pacifiques, comme le prévoit la Constitution. Il s’engage en outre à continuer de prier pour la paix, l’unité et la réconciliation dans le pays et appelle le gouvernement à assurer conformément à la loi, l’encadrement des manifestations de l’opposition.

Examen de conscience
Dans l’attente du verdict de la justice prévu dans deux mois, les évêques appellent leurs concitoyens à maintenir la paix, le calme et l’unité et invitent l’institution judiciaire à faire prévaloir le droit dans ce contentieux électoral. Ils invitent également les fidèles catholiques à un « examen de conscience sérieux » devant le Seigneur « pour déterminer s’ils ont été des instruments d’unité et de paix ou de division au cours de cette période de tensions politiques et de violences ».

À leurs yeux, les chrétiens ne peuvent pas se vanter d’aimer Dieu tout en continuant de se détester. « Nous appelons les catholiques à ne pas être utilisés comme des instruments de violence contre leurs frères et sœurs et de diffuser de la haine et de faux messages par le biais des médias sociaux. »

Guy Aimé Eblotié avec AMECEA online news

Source: africa.la-croix.com

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