Mali

Au Mali, les religieux réfléchissent à des solutions à la crise

Lundi 24 juin, à l’appel de la Coordination des associations des ressortissants des cercles de la région de Mopti résidant à Bamako (Caremb), des représentants des communautés musulmane et catholique du centre du Mali se sont réunis.
Ils souhaitent apporter leur contribution au règlement de la crise dans le pays.

La Coordination des associations des ressortissants des cercles de la région de Mopti résidant à Bamako (Caremb) a organisé, lundi 24 juin, une conférence presse à laquelle. Le cardinal Jean Zerbo, archevêque de Bamako, Chérif Ousmane Madani Haïdara, le président du Haut conseil islamique du Mali (Hcim), étaient présents, ainsi que le pasteur Nock Yattara, représentant de la communauté protestante du Mali.

Le but de la rencontre était de réfléchir à la crise dans le centre du Mali et de lui apporter des solutions. Des attaques meurtrières ont eu lieu dans des villages de cette région. Dans la nuit du 9 juin, des individus armés non identifiés ont attaqué le village de Sobane, majoritairement peuplé de catholiques, situé dans le centre du Mali. 35 personnes dont 24 enfants ont été tués.

Quelques semaines plus tôt, le 23 mars, dans un autre village du centre du Mali, Ogossagou, majoritairement peul, des inconnus habillés en tenue traditionnelle de chasseurs de la communauté dogon, armés de fusils et juchés sur des motos, ont tué 160 personnes.

Une guerre « imposée »
Pour Chérif Ousmane Madani Haïdara, la situation dans le centre du Mali n’est ni un conflit intercommunautaire entre peuls et dogons ni un conflit religieux. « Ce qui se passe au centre du Mali est une guerre qui nous est imposée », a-t-il estimé, invitant, par la même occasion peuls et dogons à ne pas se laisser prendre dans le piège de la violence.
Les attaques n’ont pas été officiellement revendiquées et le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, tout comme Madani Haïdara, estiment qu’il ne s’agit pas d’un conflit ethnique. « Les dogons et les peuls sont deux communautés qui ont toujours vécu en parfaite symbiose, a-t-il affirmé au lendemain de l’attaque de Sobane. Tous ceux qui élaborent aujourd’hui des thèses douteuses devraient revoir leur copie. En tout cas, il ne faut ne pas jeter de l’huile sur le feu : il n’y a aucun conflit inter-ethnique ». Selon lui, il s’agit d’une « excroissance » du terrorisme qui mine le nord du Mali.

« Mission double » des responsables religieux »
Intervenant à la suite du président du Haut conseil islamique du Mali, le cardinal Jean Zerbo a déploré l’instrumentalisation des fils du Mali dans cette spirale de violence. « Nos enfants et nos voisins sont instrumentalisés dans cette tragédie », s’est-il désolé. « Les drames qui sévissent dans la région de Mopti nous préoccupent énormément. Notre mission est double : nous devons être des sentinelles et quand le danger est là, prévenir qui de droit pour mettre fin aux conflits. Nous devons être des intercesseurs », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le pasteur Nock Yattara, de la communauté protestante a appelé à la fin de ces tueries.
Au cours de cette conférence de presse, le porte-parole de la Coordination des associations des ressortissants des cercles de la région de Mopti résidant à Bamako, Kassoum Tapo a annoncé qu’« un programme d’action pour aller dans chacun des 8 cercles [collectivités territoriales regroupant plusieurs communes NDLR] de Mopti » serait mis en place pour apporter une solution au problème d’insécurité au Mali.

Lucie Sarr

Source : africa.la-croix

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