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Pour le cardinal Onaiyekan, les présidents des pays dont la jeunesse migre devraient « démissionner »

Samedi 4 mai, le cardinal John Onaiyekan, archevêque d’Abuja (Nigéria), animait une conférence de presse en prélude d’une rencontre sur les migrations clandestines.

« Si, dans un pays, les jeunes affirment qu’il vaut mieux vivre ailleurs, c’est un signe d’échec des dirigeants. » Lors d’une conférence de presse le 4 mai, en prélude à une rencontre sur les migrations clandestines, le cardinal John Onaiyekan, archevêque d’Abuja, a eu des mots très durs pour les dirigeants des pays africains confrontés à la migration de leur jeunesse.

« Si j’étais président d’un tel pays, je n’hésiterais pas à démissionner devant de telles déclarations des jeunes générations », a affirmé ce cardinal connu pour sa liberté de ton. En décembre 2018 déjà, il n’avait pas hésité à critiquer, en décembre 2018, les deux principaux candidats à l’élection présidentielle Muhammadu Buhari et Atiku Abubakar en les traitant d’« indésirables ».

Dans son intervention du 4 mai, l’archevêque d’Abuja s’est inquiété du désespoir qui gagne de nombreux jeunes au Nigeria et dans d’autres pays africains les poussant à migrer vers un eldorado fictif. « On entend des jeunes Nigérians dire avec insistance que les pâturages sont plus verts ailleurs. Ce qui n’est souvent évidemment pas le cas », a-t-il insisté. « Je me souviens très bien quand j’étais enfant à l’école, il y a quelques décennies, j’aimais le Nigeria et le professais ouvertement parce que le gouvernement m’avait bien pris en charge et que j’avais un avenir prometteur. C’est l’inverse maintenant. »

L’Église nigériane et les migrations
Avec ses 190 millions d’habitants, le Nigeria est le premier pays ouest-africain de migration clandestine.
La conférence épiscopale nigériane s’était émue, en novembre 2017, de la situation des migrants bloqués et vendus en Libye. De nombreuses voix d’évêques s’étaient élevées dans la foulée pour sensibiliser les jeunes contre les dangers des migrations irrégulières.

Mgr Joseph Bagobiri, évêque de Kafanchan, dans le nord du Nigeria, avait, en ce sens, estimé qu’au lieu de risquer leurs vies, les candidats à la migration feraient mieux d’investir les sommes payées pour le voyage – autour de 1 500 € – dans leur pays. « Si ces personnes avaient investi ces sommes de manière créative au Nigeria, dans des entreprises réalisables, elles seraient devenues employeurs », avait-il commenté.

Mgr Julius Adelakun, évêque d’Oyo, dans le sud-ouest du Nigeria, avait, quant à lui, souligné la responsabilité collective : « Commençons à développer notre pays afin de le rendre attrayant et favorable à la vie, de manière à ce que ce soient les étrangers qui veulent venir chez nous. »

Lucie Sarr

Source : africa.la-croix

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