Burkina Faso


LES «FUNÉRAILLES CHRÉTIENNES», UNE FORME D’INCULTURATION
 

Cimetière municipal de Ouagadougou proche de la cathédrale de Ouagadougou/13 novembre 2021/Kamboissoa samboé/LCA

Au Burkina Faso, la célébration chrétienne des funérailles traditionnelles est une forme d’inculturation qui a fini par s’installer dans les pratiques courantes. Il s’agit là d’un passage de la tradition au christianisme, en y intégrant les coutumes non contraires à la foi chrétienne.

Au Burkina Faso, l’Église s’est approprié la célébration culturelle des funérailles traditionnelles sous l’appellation de « funérailles chrétiennes ». Ces célébrations différentes des obsèques catholiques se déroulent traditionnellement au mois de novembre.

Il s’agit là d’une forme d’inculturation qui permet aux chrétiens burkinabè de garder certains éléments de leur culture tout en restant chrétiens. Martine Sanou, étudiante en sociologie explique : « Après les obsèques chrétiennes, la famille se conforme à la date fixée par l’Église pour exposer la photo du défunt, se souvenir de lui et demander une messe, au lieu d’aller sur sa tombe pour faire des sacrifices comme, nos ancêtres le faisaient ».

Se réunir pour prier

Pendant les « funérailles chrétiennes », les familles portent les photos de leurs défunts et font des témoignages sur leur vie. La récitation du chapelet et l’invocation des saints rythment les instants de prière. En lieu et place des rites traditionnels dans les villages, tout se fait dans l’Église, selon les prescriptions du diocèse. Le liturgiste Mathieu Nicolas Koala y voit « une forme de commémoration des défunts, une tentation d’inculturation des valeurs culturelles non contraires à la foi chrétienne ».

Pour comprendre cette pratique au Burkina Faso, le théologien Alfred Bonkoungou explicite : « Il n’y a pas de funérailles chrétiennes sans la célébration de l’Eucharistie. Quelques éléments culturels qui sont propres à nous, qui ne sont pas en contradiction avec la foi chrétienne, sont intégrés dans la célébration pour que le rite chrétien parle davantage à notre être chrétien et africain. »

Le curé de la paroisse Notre dame des apôtres de la patte d’oie, le père Paul Tiga Zangré apporte davantage de précision : « il est demandé aux chrétiens d’écrire les témoignages de leurs défunts, de garder l’esprit de visite entre les familles pratiquées autrefois par nos parents, mais d’éviter les fêtes qui étaient organisées par nos aïeux ».

Kamboissoa Samboé (à Ouagadougou)

Source: africa.la-croix

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