Kenya



L’APPEL À L’AIDE DES ÉVÊQUES CONTRE LA SÉCHERESSE

Pénurie d’eau, de nourriture, assèchement des pâturages pour le bétail… Les évêques du Kenya ont appelé, jeudi 11 novembre, à une réponse « décisive » et « urgente » des autorités pour lutter contre les conséquences de la sécheresse persistante qui menace actuellement, selon les organismes d’aide, plus de deux millions d’habitants.

L’absence de pluies, ces deux dernières saisons, fait planer le spectre de nouveaux drames humains au Kenya. Lors d’une conférence de presse, jeudi 11 novembre à Nairobi, les évêques du pays ont exhorté les autorités à une mobilisation « urgente » pour lutter contre les conséquences de la vague de sécheresse qui affecte actuellement une douzaine de régions arides et semi-arides, principalement situées au nord et nord-est du territoire.

Pénuries d’eau, amenuisement des réserves alimentaires, réduction à néant des pâturages pour le bétail mettant en péril la survie des communautés d’éleveurs… « Nous constatons avec inquiétude que la réponse à cette situation de sécheresse est très lente, a déploré devant les journalistes Mgr Martin Kivuva Musonde, archevêque de Mombasa et président de la conférence des évêques kényans. Nous demandons au gouvernement de réagir rapidement, et de manière coordonnée, en fournissant une assistance et des solutions à court et à long terme pour les populations touchées ».

« Mourir de faim »

En septembre, les autorités et les organismes d’aides internationales avaient estimé que 2,1 millions de personnes étaient touchées par ce phénomène climatique. Selon les agences de secours, ce chiffre devrait atteindre 2,4 millions ce mois-ci. Les experts préviennent que la sécheresse devrait continuer à sévir dans les semaines à venir, dans le sillage du retard déjà pris dans les prévisions de courtes pluies sur la période d’octobre à décembre.

Cinquante-huit ans après l’indépendance du pays, et alors que celui-ci demeure régulièrement confronté à ce problème, « nous ne pouvons pas continuer à faire comme si de rien n’était, alors que des Kényans continuent à mourir de faim ou de sécheresse. [Cette situation] pourrait être gérée par la mise en place de structures d’aide pérennes », a poursuivi le responsable religieux, avant d’appeler les habitants qui le peuvent à faire eux-mêmes des dons.

Campagnes de sensibilisation

Pour Mgr Kivuva Musonde, de tels épisodes de sécheresse résultent du réchauffement climatique global et de la dégradation environnementale d’un pays qui a fondé son modèle de développement sur l’extraction des ressources naturelles, jusqu’à leur épuisement. Ces dernières années, l’Église locale s’est ainsi engagée dans diverses campagnes de sensibilisation écologique, en lien avec d’autres organisations confessionnelles.

Plantations d’arbres, promotion du recours à des énergies alternatives abordables pour réduire l’utilisation du charbon de bois… « Si nous agissons tous pour préserver l’environnement, les effets actuels du changement climatique dont nous sommes témoins aujourd’hui sous la forme de sécheresses pérennes, d’inondations, d’insécurité alimentaire, de maladies d’origine hydrique et d’infections respiratoires seront réduits à des niveaux gérables », soulignait encore Mgr Kivuva Musonde, deux jours avant l’adoption du Pacte de Glasgow (Écosse), texte final de la COP26 qui a marqué des inflexions notables en matière d’engagements climatiques, tout en suscitant une certaine déception quant aux financements accordés au Sud.

Malo Tresca

Source : africa.la-croix

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