BIBLICAL PERSONS

 

MARIE MADELEINE 


Marie Madeleine/Landry Banga/LCA

PERSONNAGES BIBLIQUES. Le père Alexandre Kabera est prêtre du diocèse de Kigali au Rwanda et bibliste. En mission au Canada, il est membre de l’Association catholique des études bibliques au Canada (Acebac), et auxiliaire à l’enseignement à l’Université Laval au Québec. Dans ce texte, il présente le personnage de Marie-Madeleine dans la Bible.

Marie Madeleine ou Marie de Magdala aussi appelée Marie est une disciple de Jésus qui le suit jusqu’à ses derniers jours et assiste à sa Résurrection. Le nom de Magdala vient de Magdal en araméen ou Migdal en hébreu et désigne une construction en forme de tour. De nombreux Pères de l’Église connaissent cette étymologie, puisque dans leurs sermons, Marie Madeleine est présentée comme une tour symbolisant allégoriquement la foi et l’orthodoxie.

Dans les Évangiles et la tradition patristique, trois femmes ont été identifiées à Marie-Madeleine : Marie de Magdala, Marie de Béthanie et la pécheresse anonyme. Il existe un débat parmi les exégètes sur l’assimilation de ces trois femmes à Marie-Madeleine. Mais l’enseignement de l’Église sur cette belle figure unifiée reste d’actualité : Marie-Madeleine est la grande repentie, contemplative et apôtre. Marie de Magdala est la femme guérie de sept démons que nous présente saint Luc : « Les douze étaient avec lui et quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits malins et de maladies : Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons » (Lc 8, 2).

Marie-Madeleine, témoin de la résurrection

Les quatre évangiles évoquent Marie-Madeleine au tombeau, le matin de la résurrection. C’est saint Jean qui en fait la première à voir Jésus ressuscité, le matin de Pâques. Jean a choisi de construire son récit autour de la seule Marie Madeleine. Elle vient au tombeau dans une démarche de tendresse et de piété pour retarder la séparation avec Jésus et prolonger le deuil. La pierre du tombeau a été enlevée. Comme les autres évangélistes, Jean préserve le mystère de l’intervention de Dieu, qui s’est déroulée sans témoins, avant la venue de Marie.
Marie Madeleine ne reconnaît Jésus que quand Il l’appelle par son nom : « Jésus lui dit alors :’Marie !’. Elle se tourne vers lui et lui dit : ‘Rabbouni !’ ce qui veut dire ‘Maître’ dans la langue des Juifs » (Jn 20, 16). Marie figure ainsi la croyante appelée à croire en se mettant à l’écoute du Maître qui appelle chacun par son nom pour qu’il le suive.

Marie Madeleine, apôtre des apôtres

Le Seigneur Jésus ressuscité envoie Marie Madeleine vers les apôtres. « Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur, et qu’il lui avait dit ces choses » (Jn 20, 18). La résurrection est donc annoncée par une femme. Jésus donne à Marie la mission d’aller vers ses « frères », les disciples de Jésus. Dans la tradition chrétienne, et telle que nous la révèlent les Écritures, Marie-Madeleine reçoit le nom d’apôtre des apôtres. C’est une référence à son rôle unique de témoin de la résurrection et d’évangélisatrice des apôtres. Marie-Madeleine est appelée apôtre des apôtres dès le IIe siècle de notre ère. Ce titre ne figure pas dans les Écritures, mais il apparaît de manière récurrente dans les écrits de saint Hippolyte de Rome, théologien du IIIe siècle. C’est à Marie, une femme, que le Christ a choisi de se révéler ressuscité, et c’est elle qui en a fait l’annonce aux apôtres.
Dans les écrits apocryphes (non reconnus par l’Église), un texte du codex de Berlin, écrit en copte à la fin du IIe siècle porte son nom : l’Évangile de Marie. Il s’agit d’un texte gnostique comprenant un dialogue entre le Christ et Marie de Magdala, suivi de dialogues entre Marie et les apôtres.

Marie-Madeleine, sainte et figure du repentir

Marie-Madeleine représente le repentir et la confiance. La figure de la pénitente touchée par l’amour du Christ est aujourd’hui la plus traditionnelle qui soit. Marie-Madeleine grandit dans la Tradition. La progression de son culte est un cas intéressant d’hagiographie — formation d’une tradition autour de la vie d’une sainte. La femme de Magdala rencontre un succès fulgurant auprès des moines puis des nobles et des pauvres. Marie-Madeleine fut aussi une figure d’amitié très forte. Elle porte à Jésus un amour fidèle. Sa conversation avec Jésus dans le jardin de la résurrection révèle son attachement au corps de son Seigneur, qui en fait un exemple de confiance et de foi.
Marie de Magdala avait répondu à l’appel du Maître à le suivre avec Jeanne, Suzanne et beaucoup d’autres. Elle est restée fidèle à cet appel, faisant route avec lui jusqu’à la fin, comme Luc le rapporte (Lc 8,4). Lorsque Jésus se manifeste à elle, elle répond à l’invitation de l’annonce de la résurrection aux disciples (Jn 20,17). Marie de Magdala a joué un rôle majeur dans la transmission du message du Christ.

Père Alexandre Kabera

Source: africa.la-croix

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