NIGERIA

 

UN ÉVÊQUE DU NIGERIA ENLEVÉ ET LIBÉRÉ
AU BOUT D’UNE SEMAINE

Kidnappé le 27 décembre, l’évêque auxiliaire d’Owerri a été libéré vendredi 1er janvier dans la soirée. Les chrétiens sont régulièrement victimes de rapts et d’assassinats au Nigeria : 2 200 morts ont été dénombrés en 2020. 

Même avec sa libération au bout de quelques jours, l’enlèvement de Mgr Moses Chikwe, le 27 décembre, est un signal fort envoyé à l’Église. Il est survenu après l’attaque dans un village de l’État de Borno qui a causé la mort de onze chrétiens, tués le soir du 24 décembre. Des événements emblématiques de la violence que doivent endurer les communautés chrétiennes au Nigeria.

Mgr Moses Chikwe, 53 ans, évêque auxiliaire d’Owerri, dans l’État d’Imo, au sud du Nigeria, a été enlevé le soir du 27 décembre avec son chauffeur, Robert Ndubuisi. La voiture a été retrouvée près de la cathédrale d’Owerri, avec sa chasuble et sa calotte à l’intérieur. Le vendredi 1er janvier dans la soirée, sans qu’on ait de précisions sur les conditions de cette libération, les deux otages ont été relâchés, sains et saufs.

Enlèvements en série

« Très affaibli par cette expérience traumatisante », Mgr Chikwe a remercié tous ceux qui se sont préoccupés de son sort : « À tous les cardinaux, évêques catholiques, prêtres, religieux et laïcs du Nigeria et du monde entier, je dis un immense merci pour vos prières et supplications ferventes ».

Le pape François, lors de l’Angélus du 1er janvier, avait évoqué l’enlèvement de l’évêque nigérian :« Je vous invite à vous unir à la prière de l’archidiocèse d’Owerri au Nigeria pour l’évêque Moses Chikwe et pour son chauffeur, enlevés ces derniers jours. Demandons au Seigneur qu’ils reviennent, ainsi que tous ceux qui sont victimes de tels actes au Nigeria, sains et saufs et à la liberté et que ce cher pays retrouve la sécurité, la concorde et la paix ».

Cet enlèvement de Mgr Chikwe est survenu une semaine après celui du père Valentin Oluchukwu Ezeagu, dans ce même État d’Imo. Kidnappé par des hommes armés le 15 décembre alors qu’il se rendait aux funérailles de son père, il a été relâché « sans condition » par ses ravisseurs dès le lendemain. De tels rapts de clercs semblent avoir pour but de terroriser davantage encore les chrétiens nigérians dont la situation ne cesse de se dégrader.

Un enlèvement dans une ville à majorité chrétienne

L’enlèvement de Mgr Chikwe, qualié d’« inhabituel par rapport à d’autres intervenus récemment », selon le père Patrick Alumuku, directeur de la communication du diocèse d’Abuja, la capitale nigériane, a sérieusement inquiété l’Église locale. Cité par l’agence missionnaire Fides, le père Alumuku a rappelé que dans 99 % des enlèvements le motif était d’extorquer de l’argent. Or « aucune demande de rançon n’a été communiquée ».

Plus surprenant encore : cet enlèvement a été perpétré dans une ville à majorité chrétienne. « Le seul précédent de ce genre a eu lieu à Abuja le 22 novembre dernier, lorsque le père Matthew Dajo a été enlevé par des hommes armés dans son presbytère », a commenté le père Alumuku.

Les chiffres en 2020

Selon un rapport publié le 17 décembre par la Société internationale pour les libertés civiles et l’état de droit (organisation nigériane appelée aussi Intersociety), « 2 200 chrétiens ont été assassinés dans ce pays pour la seule année 2020, soit six chrétiens tués par jour ». C’est d’ailleurs à eux qu’est dédiée l’édition 2020 de ce rapport, sans oublier « les massacrés, les mutilés, les dégurés, les amputés, les traumatisés, les violés, les disparus, les déplacés, les sans-abri, les esclaves, les convertis et les menacés ».

À l’annonce de la libération de son évêque auxiliaire, Mgr Anthony Obinna, l’archevêque d’Owerri a rappelé le sens de la présence chrétienne au cœur de ce pays exsangue : « Les évêques, prêtres, religieux et religieuses, nous ne bénécions pas de la sécurité de la police ou de l’armée quand nous nous déplaçons, a-t-il coné à l’agence Vatican News. L’Église fait partie du peuple et vit avec lui ses souffrances. Nous ne sommes pas loin des gens. » 

Christophe Henning, avec Claire Lesegretain

Source: africa.la-croix

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