DR Congo

Les Églises du Bassin du Congo sensibilisent sur la protection de l’environnement

Du 6 au 27 octobre, se tenait le Synode des évêques sur l’Amazonie avec comme thème «Nouveaux chemins pour l’Église et pour l’écologie intégrale».

En marge de cette rencontre, s’est tenue à Rome, du 16 au 19 octobre, une série de rencontres du Réseau ecclésial du Bassin du Congo (Rebac) dont le but était de sensibiliser sur les défis propres au Bassin du Congo.
En marge du Synode sur l’Amazonie – qui s’est déroulé 6 au 27 octobre – les Conférences épiscopales des pays du Bassin du Congo, deuxième poumon de la planète, ont organisé, du 16 au 19 octobre, une série de réunions pour sensibiliser sur la situation dans leurs régions.

Ces conférences épiscopales sont réunies au sein du Réseau ecclésial du Bassin du Congo (Rebac) qui regroupe six pays: Cameroun, Gabon, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo et la Guinée équatoriale. Il a été créé en 2015 pour favoriser la protection du Bassin du Congo, deuxième poumon de la planète après l’Amazonie.
Pour se faire entendre, les Églises des six pays du Bassin du Congo ont opté pour un «plaidoyer, via une information correcte, sans accusation abusive» mais aussi la sensibilisation de la population «pour qu’elle se prenne en charge en adoptant un comportement responsable».

Déforestation
Mgr Sébastien Muyengo, évêque d’Uvira, dans l’est de la RD-Congo est membre de cette structure. Interviewé par Vatican News, il a mis en exergue l’exploitation abusive des forêts. «Dernièrement, a-t-il raconté, étant présents à Kinshasa pour notre assemblée des évêques, nous avons aperçu en pleine capitale, des colonnes de grands véhicules qui transportaient du bois. Mais tout cela se passe au vu et au su des autorités qui sont évidemment impliquées dans ces commerces.» Selon l’ordinaire d’Uvira, à ce pillage des ressources forestières, s’ajoute le problème de l’exploitation minière qui s’effectue au détriment des «populations locales qui restent abandonnées à elles-mêmes sans routes, sans écoles, sans dispensaires» et qui assistent «impuissants au pillage de leurs richesses». C’est surtout le cancer de la corruption que dénonce Mgr Muyengo en relevant ces faits.

Centrafrique
À ces réunions du Rubac à Rome, la Centrafrique était représentée par Mgr Richard Appora évêque de Bambari (centre). Selon lui, son pays est également confronté au pillage des ressources forestières et au partage inégal des profits qui en découle. Il a illustré son propos par l’exemple du diocèse de Mbaïki, dans le sud de la Centrafrique. Selon lui, dans cette région qui possède une grande réserve forestière, est menée «une exploitation tous azimuts guidée par cette logique du profit et de la consommation dans l’immédiat» alors que dans les écoles, les «élèves s’asseyent à même le sol».

République du Congo
Abondant dans le même sens, Mgr Portella Mbuyu, évêque de Kinkala, en République du Congo, pointe aussi bien le manque d’engagement des politiques en faveur de la protection de l’environnement que le mode de vie des populations locales qui peut contribuer détériorer l’écosystème. «Il y a un travail qui se fait, mais c’est encore un travail très timide dans le sens de conscientiser les populations au nom, justement, du respect de la création», a-t-il reconnu.

Un point positif est que, selon lui, les écoles s’investissent dans le reboisement du pays: «Actuellement il y a toute une pastorale des enfants pour planter des arbres systématiquement dans toutes les écoles».

Lucie Sarr (avec Vatican News)

Source: africa.la-croix.com

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