NIGERIA

 

"Le changement climatique n'a rien à voir avec le massacre de l'église d'Owo", déclare l’Évêque d'Ondo

Abuja (Agence Fides) - "Suggérer ou faire un lien entre les victimes du terrorisme et les conséquences du changement climatique n'est pas seulement trompeur mais revient à jeter du sel sur les blessures des victimes du terrorisme au Nigeria", déclare Son Excellence Mgr Jude Ayodeji Arogundade, Évêque d'Ondo, diocèse auquel appartient l'église Saint-François-Xavier d'Owo, où, le dimanche 5 juin, un massacre de fidèles a été commis (voir Fides 6/6/2022).
Mgr Arogundade répond au Président de la République d'Irlande, Michael D Higgins, qui, dans son message de condoléances pour le massacre, avait mis en garde contre "toute tentative de faire des bergers (peuls) un bouc émissaire, car ils sont parmi les premières victimes des conséquences du changement climatique". Les bandes de bergers fulanis, à la recherche de pâturages et d'eau pour leurs troupeaux, sont responsables de plusieurs attaques au Nigeria, principalement contre des communautés agricoles sédentaires. Dans un premier temps, le massacre de l'église d'Owo a également été attribué à un commando peul, mais les autorités accusent désormais la province d'Afrique de l'Ouest de l'État islamique (ISWAP, issue d'une scission de Boko Haram), affiliée au Nigeria, d'être responsable du massacre du dimanche de Pentecôte.
Dans sa déclaration, l’Évêque Arogundade a qualifié d'"incorrecte et invraisemblable" l'attribution d'un rôle au changement climatique dans le massacre d'Owo et a déclaré que "toute allusion à une forme de politique de changement climatique dans notre situation est totalement inappropriée".
Dans tout le Nigéria, il y a "beaucoup de peur dans toutes les régions du pays, et une telle situation n'a rien à voir avec l'idéologie", a poursuivi l’Évêque d'Ondo qui a appelé "ceux qui cherchent à profiter de cet événement horrible pour faire avancer toute forme d'agenda idéologique, à renoncer à un tel opportunisme".
Rappelant le lien historique entre la République d'Irlande et le diocèse d'Ondo, Mgr Arogundade considère que les commentaires du président irlandais sont importants. "Les deux premiers évêques du diocèse d'Ondo étaient irlandais, le bâtiment de l'église où a eu lieu l'attaque avait été construit par des missionnaires irlandais" et certaines des personnes tuées avaient reçu les sacrements de "missionnaires irlandais vénérés". Des hommes et des femmes irlandais ont jeté les bases de la foi pour nous dans cette partie du monde", déclare l'évêque.
"Les commentaires associant le banditisme, les enlèvements et les attaques macabres contre des citoyens innocents aux questions de changement climatique sont des détournements de la vérité", conclut l'évêque, qui attribue la détérioration des conditions de sécurité dans le pays à la politique.

Source : fides.org

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