Sénégal

Le khalife général de la confrérie des Niassène
en mission de médiation au Darfour


Cheikh Mahi Niass, le khalife général de la confrérie des Niassène saluant le général Abdel Fattah al-Burhan,
lors de sa mission au Soudan/ service presse du Khalife Cheikh Mahi Niass
Guide spirituel de la confrérie musulmane soufie des Niassènes, Cheikh Mouhammadou Mahi Niass a effectué une mission de médiation au Soudan. Accueilli à son retour à Dakar vendredi 3 juin, il avait pour mission de réconcilier les différentes tribus en conflit au Darfour pour faire taire les armes.

Sur invitation des autorités de Khartoum, le khalife général – guide spirituel – des Niassènes, une confrérie soufie issue de la tidianya (49 % des musulmans sénégalais), s’est rendu le 17 mai dernier au Soudan pour une mission de médiation.

Au cours de son séjour de 15 jours, le guide religieux s’est notamment rendu au Darfour, région endeuillée par la guerre civile depuis plus de trois décennies. « La première étape a été à El Janina où des combats sont les plus sanglants entre factions rivales. On nous a même rapporté que pas plus tard que le mois dernier, durant le mois de Ramadan, plus de 200 personnes ont été tuées dans la région », a rapporté le guide religieux.

Pour lui, on ne peut pas prier tous les jours au nom du prophète Mohammed et ensuite prendre des machettes ou des fusils pour s’entretuer. « Entraidez-vous et craignez Dieu », a lancé le religieux dont la mission était d’abord d’échanger avec les belligérants pour un retour au calme et ensuite d’appeler « à la paix des braves pour faire taire les armes ».

Mission réussie

Selon le guide religieux, suite aux concertations « en aparté », une cinquantaine de tribus dont des factions les plus radicales, à savoir les janjawides, les Arabes et les massalites se sont engagées « à déposer les armes », pour mettre fin à la guerre sanglante dans cette région. Aux yeux de Mouhammadou Mahi Niass ce succès est aussi à mettre sur le compte de « la confiance des Soudanais à l’endroit des musulmans sénégalais ».

Le khalife des Niassène, né en 1938, avait des appréhensions en acceptant cette mission à cause du passé des hommes qu’il devait réconcilier. « Lorsque je suis arrivé au Darfour, j’ai vu des gens qui n’ont aucun état d’âme et lorsque j’ai commencé les discussions, j’ai compris que ce sont des tueurs. Je me suis dit que ce serait une discussion compliquée. Mais j’ai essayé et réussi. Les fondateurs des différentes confréries soufies sénégalaises tels que Cheikh Oumar Tall, El Hadji Abdoulaye Niass, El Hadji Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba et Mawlana Cheikh Al Islam, m’ont motivé », a-t-il confié.

Accueil chaleureux

Le guide spirituel des Niassène a reçu les félicitations du chef de l’État sénégalais. « Je félicite le khalife des Niassène, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahim Niass, président de l’Union islamique africaine pour la belle réussite de sa mission de paix au Soudan, notamment dans le Darfour. Vous contribuez ainsi à renforcer la paix sur continent », a réagi le président Macky Sall. De nombreux Sénégalais dont ses disciples sont massivement sortis pour l’accueillir à son arrivée à l’aéroport à Dakar le 3 juin.

Charles Senghor (à Dakar)

Source:  africa.la-croix

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