Côte d’Ivoire

 

ordination épiscopale du premier
nonce apostolique d’origine ivoirienne
 


Mgr Jean Sylvain Mambé Emien, nonce apostolique au Mali/ Guy Aimé Eblotié/LCA

Samedi 7 mai, à la cathédrale Saint-Paul d’Abidjan (Côte d’Ivoire), le cardinal Pietro Parolin a ordonné évêque Mgr Jean Sylvain Mambé Emien, nommé nonce apostolique au Mali. Le nouvel archevêque qui s’est donné comme devise « Servir et non être servi », a fait don d’une partie de ses cadeaux à un monastère et deux séminaires au Mali et en Guinée.

Assis derrière les chefs traditionnels, le regard de Guillaume Bilé est plein d’émotion. En voyant Mgr Jean Sylvain Mambé Emien avancer vers l’autel de la cathédrale Saint-Paul du Plateau (Abidjan), au milieu de la longue procession de prêtres, évêques et cardinaux, samedi 7 mai, cet instituteur à la retraite, qui l’a eu comme élève, de 1977 à 1982 à l’école primaire publique Habitat de Jacqueville (sud) éprouve une grande fierté : « Je suis aux anges. C’est l’émotion qui m’étreint, une grande joie, une satisfaction pour ce moment historique ».

Comme lui, des milliers d’Ivoiriens, avec à leur tête la première Dame de Côte d’Ivoire, le premier ministre et des membres du gouvernement, les autorités politiques et coutumières, les guides des autres confessions religieuses ont été témoins de « cet événement national » : la messe d’ordination du premier nonce apostolique d’origine ivoirienne.

Au milieu de cette foule, d’importantes délégations venues de l’étranger dont celle de la Guinée, fortement représentée avec ses drapeaux qui flottaient pendant les chants de cette célébration eucharistique de quatre tours d’horloge, présidée par le secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin.

L’évêque, serviteur du projet de Dieu

Pour l’Église de Côte d’Ivoire, « c’est un moment particulier de joie. Un fils de votre terre est choisi pour l’épiscopat, et envoyé représenter le pape auprès des États et des Églises », a rappelé le cardinal Parolin dans son homélie, avant de préciser certaines exigences de la charge épiscopale. « C’est un chemin de prudence et d’audace, de prière et d’attente, de zèle apostolique et d’abandon total au projet de Dieu même, a-t-il expliqué. Ce qui doit ressortir, c’est que le projet n’est pas le nôtre mais celui de Dieu. L’évêque est un serviteur du projet de Dieu et, précisément pour cette raison, un serviteur de l’Église et des frères. »

Au Mali, un pays d’Afrique de l’ouest secoué par des crises politiques et les attaques terroristes, « la tâche principale du représentant pontifical sera de tout mettre en œuvre pour défendre la liberté religieuse en rejetant toute discrimination pour des motifs ethniques ou religieux et en encourageant le dialogue pour obtenir la concorde et la paix ».

C’est ce que conseillera également au nouveau nonce, Mgr Ignatius Kaigama, le président sortant des Conférences épiscopales réunies de l’Afrique de l’Ouest, dans un message lu en fin de célébration eucharistique. « Nous pensons qu’une évaluation précise des problèmes, ainsi que la découverte de solutions de sortie des obstacles et des souffrances qui mettent en danger la paix, la tranquillité, la sécurité, le développement, la protection de la dignité et de l’intégrité, ne peuvent qu’être le résultat du dialogue et de l’interaction. »

« Servir et non être servi »

Mgr Jean Sylvain Emien a choisi comme devise épiscopale « Servir et non être servi », la même que feu Mgr Laurent Akran Mandjo, l’évêque fondateur du diocèse de Yopougon qui l’a envoyé en 1998 à l’académie pontificale. « C’est lui qui m’a ordonné prêtre et a eu la lumineuse idée de m’envoyer étudier pour devenir ce que je suis aujourd’hui », a-t-il souligné en lui rendant hommage de même qu’à ses formateurs dont Guillaume Bilé, son instituteur fortement ovationné par les fidèles à qui il a été présenté.

Dimanche 8 mai, une messe d’action de grâce a été dite à la paroisse Saint-Pierre de Jacqueville, à 60 km à l’ouest d’Abidjan d’où est originaire Mgr Emien. Comme la veille, le cardinal Jean Zerbo, archevêque de Bamako, les présidents des conférences épiscopales du Mali et de la Guinée, les évêques de Segou (Mali), Kankan et Conakry (Guinée) accompagnés des prêtres, religieuses et laïcs de ces pays étaient présents.

Des prêtres et des fidèles sont venus en grand nombre de la Guinée, pays de residence du Nonce apostolique au Mali/Guy Aimé Eblotié

À cette occasion, les membres du gouvernement, cadres et responsables politiques et administratifs de la région ont fait d’importants dons matériels et financiers au nonce qui a promis qu’une grande partie servira à soutenir des œuvres en Guinée son pays de résidence, et au Mali.Mgr Emien a aussitôt annoncé qu’une machine sera commandée pour aider le monastère des Sœurs Bénédictines à Friguiagbé (Guinée) à fabriquer le vin, et fait don de 20 millions de francs guinéens (2 144 €) au Grand séminaire de Conakry. Il a aussi offert 2 millions de Francs CFA (3 064 €) au Grand séminaire de Bamako.

Guy Aimé Eblotié

Source: africa.la-croix

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