EGYPTE

 


Le patriarche copte-orthodoxe appelle à prier
pour les négociations sur le grand barrage du Nil

Le patriarche copte Tawadros à Melbourne le 10 septembre 2017. / Darrian Traynor/Getty Images/AFP

À l’occasion de la célébration de la Pâques, le patriarche copte-orthodoxe Tawadros II s’est, à nouveau, exprimé sur les tensions entre l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan, au sujet de la construction du Great Renaissance Dam of Ethiopia (Gerd), un gigantesque barrage hydroélectrique sur le Nil.

Une fois de plus, le patriarche Tawadros II d’Égypte s’est prononcé sur le différend qui oppose son pays, l’Éthiopie et le Soudan, au sujet du Great Renaissance Dam of Ethiopia (Gerd), un gigantesque barrage hydroélectrique sur le Nil.

Alors que les négociations entre ces pays du bassin du Nil connaissent des blocages depuis de longs mois, pour le patriarche copte-orthodoxe Tawadros II, « il ne reste donc plus qu’à invoquer le Seigneur et à l’implorer d’éclairer l’esprit et le cœur des puissants et des gouvernants, afin qu’ils trouvent des solutions qui satisfassent tout le monde ».

S’exprimant lors de la messe de Pâques qu’il a présidée, samedi 1er mai, à la cathédrale Saint-Marc dans le quartier Abbasyia au Caire, le responsable religieux a lancé un appel « à trouver des solutions appropriées grâce aux outils de négociation de la diplomatie ». Il a aussi demandé de prier « à ces intentions dans chaque messe, en invoquant sur nous l’intervention de la main de Dieu, Seigneur de nous tous ».

Confiance et prière

Les tensions nées de la réalisation de ce projet de barrage préoccupent au plus haut point les responsables religieux des différents pays– notamment d’Éthiopie et d’Égypte –, de même que le pape François.

« Je suis avec une attention particulière la situation des difficiles tractations concernant la question du Nil entre l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan », avait confié le pape après la prière de l’Angélus du 15 août 2020, en invitant les autorités de ces trois pays « à poursuivre sur le chemin du dialogue afin que le fleuve éternel continue d’être une source de vie qui unit et ne divise pas, qui nourrit toujours l’amitié, la prospérité, la fraternité et jamais l’inimitié, l’incompréhension ou le conflit. »

Le 11 septembre, jour du nouvel an éthiopien, le cardinal Berhaneyesus Souraphiel, archevêque d’Addis-Abeba, avait profité de la célébration de cette fête pour lancer un appel à ces trois pays. « L’eau est la vie et en tant que telle, il est juste que les trois pays en question, l’Éthiopie, le Soudan et L’Égypte lui accordent une grande valeur. »

Jeudi 24 septembre, au cours d’une rencontre avec Markos Tekle, le nouvel ambassadeur d’Éthiopie, Tawadros II a estimé que le Nil est un don de Dieu, comme l’air et le soleil, pour tous les peuples. Il avait en outre confié qu’il « prie et a confiance » que les négociations entre l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan sur ce projet « iront de l’avant, vers une solution appropriée pour tous ».

La plus grande installation hydroélectrique en Afrique

Après sa construction estimée à 4,8 milliards de dollars, le Gerd sera la plus grande installation hydroélectrique en Afrique. Ce projet de l’Éthiopie sur le Nil Bleu (qui est avec le Nil blanc, l’un des confluents du Nil) est depuis 2011, source de tensions entre les pays du bassin du Nil.

Si l’Éthiopie considère ce grand barrage comme une nécessité pour son développement économique, l’Égypte, dont l’approvisionnement en eau potable dépend à 90 % du Nil, le considère comme une menace. Des traités conclus en 1929 et en 1959 donnent à l’Égypte une prééminence dans le bassin du Nil. Mais l’Éthiopie qui remet en cause ces traités s’appuie sur un accord conclu en 2010 sans l’Égypte et le Soudan et qui autorise les barrages et projets d’irrigation.

L’Union Africaine (UA), qui s’est saisie de ce dossier, organise depuis quelques mois des discussions entre protagonistes. La dernière série de négociations trilatérales sur le barrage, organisé par l’UA, avec les ministres de l’irrigation des trois pays, ainsi que des observateurs et des experts de l’UA, des États-Unis, de la Commission européenne, s’est conclue, le 28 août, sans un projet d’accord intégré sur l’exploitation et le remplissage du barrage.

Guy Aimé Eblotié (avec Fides)

Source: africa.la-croix

Retour à la liste des nouvelles