Afrique

L’épiscopat africain observateur de l’Union Africaine, qu’est-ce que cela implique?

Les 9 et 10 février, se tient à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 33e sommet de l’Union africaine (UA) sur le thème: «faire taire les armes».

Depuis 2015, le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et Madagascar (Sceam) est observateur de cette institution. Qu’est-ce que cela signifie?

Les 55 États membres de l’Union africaine se réunissent ces 9 et 10 février à Addis-Abeba où ils réfléchiront sur les conflits armés qui divisent de nombreux pays.

Le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam) a obtenu le statut d’observateur auprès de cette institution continentale en septembre 2015. Ce statut lui a été conféré après la signature d’un protocole d’accord par Mgr Gabriel Mbilingi, archevêque de Lubango (Angola), alors président du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam) et le commissaire aux Affaires politiques de l’Union africaine, Aisha Laraba Abdullahi.

UA et le Sceam
L’Union africaine (UA) est une organisation d’États africains créée en 2002, qui a remplacé l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Elle a pour objectif la promotion de la démocratie, des droits de l’homme et du développement en Afrique, notamment par la création d’une banque centrale de développement et l’augmentation des investissements extérieurs avec le programme du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Ce programme considère que la paix et la démocratie sont des préalables indispensables au développement durable.

Le Sceam, quant à lui, est né du besoin, après le Concile Vatican II, de l’épiscopat africain de parler d’une seule voix. Voyant l’importance d’une telle association pour l’Afrique, la Congrégation pour l’évangélisation des peuples invita les présidents des conférences épiscopales régionales pour une consultation en 1968. Un an après, à l’occasion de la toute première visite du pape Paul VI en Afrique – du 31 juillet au 2 août 1969 en Ouganda –, le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar fut lancé.

À quoi s’engagent-ils?
Sur la base du protocole signé en septembre 2015, l’Union africaine et le Sceam s’engagent à se consulter réciproquement et à préparer des programmes de coopération; à envoyer des observateurs dans le cadre des rencontres de leurs organes respectifs traitant des questions d’intérêt commun; à coopérer pour atteindre leurs objectifs spécifiques au niveau national, continental et international et pour organiser des séminaires ou la diffusion de rapports. Sur le plan financier, l’Union africaine et le Sceam s’engagent à rechercher des fonds en vue d’activités communes au profit de tout le continent africain.

Évêques africains et engagement
Le statut d’observateur accordé au Sceam est intervenu dans un contexte où les épiscopats africains s’engagent de plus en plus dans la vie sociopolitique de leurs pays respectifs n’hésitant pas à interpeller les dirigeants sur leur responsabilité. Le pays pionnier en la matière a été la RD-Congo dont l’épiscopat a contribué dissuader l’ancien président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat. Mais ces dernières semaines, les évêques togolais et ivoiriens se sont illustrés par des prises de position dans le champ sociopolitique.

Lucie Sarr

Source: africa.la-croix.com

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