Mauritius

 

LE CARDINAL PIAT EXIGE DES SANCTIONS
CONTRE DES POLICIERS TORTIONNAIRES


 Cardinal Maurice Piat/ Facebook

Dans un communiqué publié mercredi 1er juin, le cardinal Maurice Piat, évêque de Port-Louis (République de Maurice) exige des sanctions contre des policiers qui ont torturé des suspects. Ces derniers jours des vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux montraient des personnes menottées violemment maltraitées.

Les images choquantes de violences infligées à des suspects par des membres de la police de l’île Maurice ont fait réagir le cardinal Maurice Piat, évêque de Port-Louis. Dans un communiqué, il s’est dit « horrifié par les tortures infligées par des membres de la force policière à des citoyens qui étaient sous leur garde » et demandé que « les coupables de telles violences gratuites soient sévèrement sanctionnés et mis hors d’état de nuire ».

Ces derniers jours, trois vidéos particulièrement choquantes ont été diffusées sur les réseaux sociaux, suscitant l’émoi, la colère, et une série de condamnations. Dans celles-ci, les victimes sont menottées et nues et subissent toutes sortes de tortures, notamment avec ce qui semble être un taser ou une matraque électrique, et des moqueries.

« Cette violation effrayante des droits humains élémentaires par les autorités policières supposées faire respecter le droit, plonge la population dans un sentiment d’insécurité, commente le cardinal Piat. Par la pratique de la torture, la police, dont le devoir est de protéger les citoyens, devient elle-même source de perturbation sociale. »

Soutien aux familles

En toutes circonstances, insiste le cardinal, la dignité et les droits fondamentaux de la personne humaine doivent être respectés. « Aucune situation ne peut excuser la transgression de ces droits, l’évêque de Port-Louis. Dans ce climat d’inquiétude, les citoyens s’attendent à un sursaut des autorités : qu’elles se dressent comme un rempart pour défendre les valeurs de l’État de droit. »

En cette circonstance, il pense aussi au traumatisme vécu par les victimes et leurs familles et leur adresse toute sa sympathie : « Elles ont besoin de tout notre soutien, de notre amitié et de notre solidarité dans leur détresse. Cette pratique de la torture par des représentants de la police ne blesse pas seulement le corps des victimes mais porte atteinte à la dignité d’une personne, de sa famille et, finalement, de la société tout entière. »

Plainte contre un des auteurs

L’une des victimes sur les vidéos a porté plainte fin mai pour violence volontaire avec arme contre un inspecteur. Les faits qui datent de 2019, et se sont déroulés selon lui au Central investigation division (CID). Il avait été convoqué pour être interrogé par un sergent qui le suspectait de vol. Traumatisé par cette garde à vue, le jeune homme de 31 ans avait signé des aveux et payé l’amende, préférant plaider coupable devant la Cour.

Il a expliqué aux policiers qui ont pris sa plainte qu’il avait peur de représailles. Le policier suspecté d’être l’auteur de ces violences était déjà sous le coup d’une suspension, après une enquête interne suite à une affaire de corruption.

Guy Aimé Eblotié

Source :  africa.la-croix

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