Ivory Coast


« LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX EST MOINS UNE THÉORIE QU’UNE FAÇON D’ÊTRE »


Légende: Mgr Bernard de Clairvaux Toha Wontacien, nouvel évêque de Djougou (Nord-Bénin)/Juste Hlannon/LCA

Nommé par le pape François évêque de Djougou le 12 février, Mgr Bernard de Clairvaux Toha Wontacien a été ordonné le 2 avril devenant le deuxième évêque de ce diocèse du Nord-Bénin. Dans cet entretien, il présente sa ligne de conduite et son rêve pour ce diocèse.

Quelles priorités relevez-vous pendant que vous prenez connaissance de votre nouvelle terre de mission ?
Mgr Bernard de Clairvaux Toha Wontacien 
: Je suis effectivement encore en train de prendre progressivement connaissance du diocèse même s’il ne m’est pas très étranger vu que j’y avais déjà, par le passé, travaillé avec mon prédécesseur, Mgr Paul Vieira de vénérée mémoire, comme responsable de la Caritas pour le Nord-Bénin. Mais je suis parti de ce poste depuis 2013. Il y a eu entre-temps divers changements dans le diocèse que je suis en train de découvrir. Toutes les rencontres que je tiens depuis mon installation, les démarches que je mène s’inscrivent dans ce but.Les priorités, ensemble avec le peuple de Dieu et mes proches collaborateurs que sont les agents pastoraux, nous allons les définir progressivement donc. Je ne voudrais, en effet, pas être ce pasteur qui prétend tout connaître et qui a déjà son agenda tout prêt à exécuter. Ensemble, nous allons constater les urgences dont nous allons inférer les priorités et la planification nécessaire.

Comptez-vous en ce diocèse marqué par une forte présence musulmane étendre votre apostolat au chantier du dialogue interreligieux ?
Mgr Bernard de Clairvaux Toha Wontacien : 
Le pape François, dans Evangelii Gaudium publié en 2013, disait du dialogue interreligieux qu’il est « une condition nécessaire pour la paix dans le monde, et par conséquent est un devoir pour les chrétiens comme pour les autres communautés religieuses » (Evangelii Gaudium No 250). Tout humain devrait donc faire du dialogue interreligieux une nécessité parce qu’avant d’être membre de telle ou telle autre religion, nous sommes d’abord humains. Soyons humains. « Soyez ce que vous êtes et soyez-le bien » recommande Saint François de Sales.Mes premières rencontres dans le diocèse m’ont porté vers les dignitaires. La plupart sont nos frères musulmans. Ce que j’ai beaucoup aimé et qui m’a impressionné, c’est qu’il y a une bonne cohabitation, un vivre-ensemble où on s’accepte réciproquement. Ceux qui m’ont précédé ont œuvré à cela et c’est donc au bout de cette ancienne corde que je compte tisser la nouvelle.Pour moi, en effet, le dialogue interreligieux est moins une théorie qu’une façon d’être. C’est dans le vivre-ensemble au quotidien, les actes que nous posons envers nos frères et sœurs ; c’est tout ça qui va contribuer à la paix sociale et nous aider à éviter les clivages, les tensions dans notre société en général et en cette terre de Djougou en particulier.

Quel est votre rêve pour ce diocèse ?
Mgr Bernard de Clairvaux Toha Wontacien : Pour répondre à cette question, il me vient à l’esprit les paroles du morceau « Rêve d’un monde » de Jean-Claude Gianadda. Je rêve, comme l’artiste, d’un monde plus beau, plus juste, plus humain. C’est ce que je voudrais pour le diocèse de Djougou. Et cet idéal, nous avons à le construire ensemble en partant de l’amour. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’ils reconnaîtront que vous êtes mes disciples » Jean 13-35.Aimer ensemble, faire justice ensemble, considérer tout ensemble. Cela suppose qu’on commence par faire confiance à l’autre avec à l’esprit qu’il a quelque chose à nous apporter. Un monde plus beau, un diocèse plus beau à la suite de l’œuvre de mes prédécesseurs, tel est mon rêve. Avec l’aide de mes collaborateurs, je compte relever ce défi.

Quelle place comptez-vous réserver aux laïcs dans votre épiscopat à Djougou ?
Mgr Bernard de Clairvaux Toha Wontacien :
 Tout le monde doit et devrait avoir sa place au sein de l’Église. Autrement, ce n’est plus l’Église telle que l’a voulue le Seigneur. Et le magistère insiste sur l’apostolat des laïcs surtout avec le Concile Vatican II à travers, entre autres décrets, Apostolicam actuositatem. Par ailleurs, le synode sur la synodalité en cours attire justement l’attention sur la participation de tous et donc aussi des laïcs, à l’œuvre ecclésiale.L’Église, ce n’est pas l’affaire des clercs ou des consacrés seuls. C’est tout le peuple de Dieu rassemblé et dont nous devenons membre par notre baptême. Les laïcs du diocèse de Djougou ont donc un grand rôle à jouer à mes côtés. Je travaillerai avec eux et les impliquerai fortement dans mon ministère épiscopal.

Recueilli par Juste Hlannon (à Cotonou)

Source : africa.la-croix

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