Burkina Faso

Exercice spirituels au centre spirituel Notre dame des pauvres : photo prise le 15 avril 2022 à Ziniaré /Kamboissoa Samboé/LCA

Dans le diocèse de Ouagadougou, de plus en plus de laïcs quittent leurs paroisses durant les fins de semaine, jours fériés ou congés pour des séjours dans des centres spirituels, souvent situés à plusieurs kilomètres de leurs lieux de résidence.

Vendredi 8 avril, il est 16 heures au Centre spirituel Notre Dame des Pauvres situé sur le territoire de la paroisse Saint Paul de Guiloungou, à 45 km de Ouagadougou. Un groupe de jeunes arrive dans ce lieu vert et calme, muni de sceaux, de sacs et de nattes.

Parmi eux, Marceline Konseibo, agent de santé, Larissa Bouda, étudiante et Achille Coulibaly, informaticien. Tous trois, viennent du diocèse de Ouagadougou. Ils ont respectivement quitté leurs paroisses de Saint Camille, Saint Guillaume et Notre Dame des Apôtres pour le Centre Spirituel Notre Dame des Pauvres. Là vit un prêtre d’une soixantaine d’années, appelé « l’homme à la barbe blanche ». C’est le père Blaise Bicaba, exorciste diocésain, membre du Renouveau charismatique dont la présence attire de centaines de personnes.

Des motivations diverses

Assise sur le gravier à l’entrée de la chapelle du centre, Anna-maria Lankaondé, avec en main le chapelet, a quitté le diocèse de Koupela pour deux jours de silence. « Je suis fatiguée du bruit, j’ai quitté la ville pour un centre éloigné, ce lieu permet de respirer », explique-t-elle toute souriante.

À ses côtés, Fidélisa Wango, renchérit : « Je viens de vivre une rupture amoureuse et je suis venue méditer et chercher la volonté de Dieu dans ma vie. Des fois, il faut de la distance pour mieux sauter, surtout en amour. Ce lieu est propice pour méditer, faire le rosaire, s’effacer un peu et remplir le vide qui est en nous et autour de nous ».

Rencontré, au Sanctuaire de la Divine Miséricorde à Tengandogo, situé à 20 km de Ouagadougou, Gérard Béogo souligne que les gens ont des problèmes spirituels et ont besoin des prêtres pour les aider. Mais, regrette-t-il, « les curés des paroisses sont occupés et moins nombreux pour répondre à tous les besoins de tous les fidèles. Donc, les centres spirituels sont là pour cela ».

Enseignements

Habituée du centre spirituel Paam Yoodo (centre spirituel des jésuites), Marceline Kouanda insiste sur la formation. « Dans les paroisses, les enseignements ne sont pas profonds, c’est cette profondeur qu’on cherche dans un centre spirituel », ajoute-t-elle.

L’archevêque de Ouagadougou, le cardinal Philippe Ouédraogo, qui se réjouit de la fréquentation accrue des laïcs, notamment des jeunes, dans des centres spirituels, explique que ces lieux répondent au besoin de ressourcement spirituel. Il indique par ailleurs que le diocèse de Ouagadougou compte cinq centres spirituels, qui accueillent des milliers des laïcs, pour le recueillement, la médiation, la prière, l’adoration, l’écoute…

Kamboissoa Samboé (à Ouagadougou)

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