Togo

À Kpalimé, après le scandale des prêtres frondeurs,
le Vatican appelle à l’unité et à la communion ecclésiale

Dans une lettre rendue publique le 3 janvier, la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples exhorte l’ensemble de la communauté chrétienne de Kpalimé, dans le sud du Togo à la «pacification des âmes».

Début 2018, les tensions entre certains prêtres de ce diocèse et leur évêque, Mgr Benoît Alowonou, avaient suscité de vives polémiques.

Depuis quelques jours, des rumeurs circulaient sur les réseaux sociaux au sujet du diocèse de Kpalimé dans le sud du Togo. Certains médias en ligne ont même annoncé la démission de l’ordinaire du lieu, Mgr Benoît Alowonou, et la nomination d’un prêtre comme nouvel évêque. Ces rumeurs font suite à une lettre circulaire datant du 27 décembre signée par Mgr Alowonou. Dans celle-ci, il annonçait aux fidèles la publication, le 3 janvier, d’une «information-message venant de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples».

Cette institution du Saint-Siège a, en effet, adressé un «message au clergé et aux fidèles de l’Église de Dieu qui est à Kpalimé». Le texte a été lu, vendredi 3 janvier, à la cathédrale Saint-Esprit de Kaplimè par Mgr Denis Amuzu-Dzakpah, archevêque émérite de Lomé et vice-président de la conférence des évêques du Togo en présence de Mgr Benoît Alowonou, de Mgr Isaac Jogue Gaglo, évêque d’Aného (sud-est) et de Mgr Nicodème Barrigah-Benissan, nouvel archevêque de Lomé.

Des tensions qui ont «blessé la communion»

Dans ce message repris en langue locale ewe par le père Émile Segbedji, secrétaire général de la Conférence des évêques du Togo, le cardinal préfet en charge de l’évangélisation des peuples, Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, rappelle que les «récentes tensions» qui se sont créées dans le rapport entre certains prêtres et l’évêque de Kpalimé «ont blessé la communion et outragé la charité, provoquant désarroi, désorientation compréhensible et scandale».

Il y a dix-huit mois, une crise a secoué ce diocèse et entraîné la «suspense» de trois prêtres frondeurs, le 4 avril 2018: les pères Daniel Gbadji, Yves-Paul Azaglo et Gerson Gale, accusés de «comportements scandaleux» publics lors de la messe chrismale du 28 mars 2018 durant laquelle ils avaient refusé de renouveler leurs promesses sacerdotales à leur évêque.

Un temps de «guérison spirituelle»

Dans son message, la Congrégation pour l’évangélisation des peuples exhorte les prêtres, diacres, religieux et fidèles du diocèse à vivre, «dans la prière personnelle et communautaire», un temps de «guérison spirituelle», réconciliés, en paix entre eux et dans la pleine communion, affective et effective, avec leur pasteur. En outre, dans la perspective d’un nécessaire processus de pacification des âmes, le cardinal préfet «exhorte l’ensemble de la communauté diocésaine à adopter des attitudes de respect et de docilité vis-à-vis de l’évêque» et à poursuivre son chemin «en unité et charité dans la pleine communion ecclésiale».

Interrogé par La Croix Africa, Mgr Alowonou s’est abstenu de tout commentaire sur ce message préférant plutôt appeler la communauté chrétienne «à prier pour l’unité et la communion ecclésiale, à marcher à la suite du Christ comme le souligne le thème de l’année pastorale 2019-2020 dans le diocèse de Kpalimé».

Charles Ayetan, à Lomé

Source : africa.la-croix

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