Cameroon

Mgr Christophe Zoa: « Au Cameroun, la cathédrale Saint 
Joseph de Sangmélima a un enjeu pastoral et politique »

L’Église catholique camerounaise inaugure, le 27 avril, la cathédrale Saint Joseph de Sangmélima, dans le sud du pays, considérée comme la plus grande d’Afrique centrale.
Pour La Croix Africa, Mgr Christophe Zoa, évêque de Sangmélima, revient sur les principaux enjeux de sa construction.

La cathédrale Saint Joseph de Sangmélima sera officiellement inaugurée le samedi 27 avril. Quels étaient les enjeux principaux de sa construction?

Monseigneur Christophe Zoa: Il y avait d’abord un enjeu pastoral indéniable. Car c’est un projet capital pour l’existence d’un diocèse. On pourra aussi dire qu’il y a eu un enjeu politique, dans l’expression de la foi de l’Église en Afrique et principalement à Sangmélima au Cameroun, où la graine de la foi a été semée il y a 129 ans pour les catholiques et 78 ans pour les protestants. Cette foi est devenue une chose très importante, modifiant toutes la structure culturelle traditionnelle en faveur de la culture chrétienne. La cathédrale a un enjeu politique d’affirmation d’autonomie de notre diocèse.

Pour les chrétiens, la cathédrale demeure la structure centrale du diocèse où se célèbre la liturgie et où se publient les grandes décisions épiscopales. C’est aussi la vitrine du diocèse parmi les églises. La cathédrale est l’église mère où se trouve la cathèdre (chair) de l’évêque diocésain. Pour le pays et le continent, c’est une très grande structure ecclésiastique et un monument culturel important.

En dehors des chrétiens et fidèles du diocèse, avez-vous senti autour de vous une participation effective des élites locales dans la réalisation de ce projet?

Monseigneur Christophe Zoa: Cette œuvre est le fruit d’une coopération vaste et variée. Elle est le composé de l’action des fidèles chrétiens du diocèse de Sangmélima, des catholiques et des protestants, des personnes d’ailleurs, parmi lesquelles des donateurs camerounais et étrangers. La réalisation de ce projet nous envoie deux messages. Le premier message pour les chrétiens, c’est une invitation à prendre conscience que « rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1,37). De la sorte, l’on doit toujours compter sur Dieu pour toute réalisation en faveur de l’Église, quelles que soient nos limites, pauvreté, adversité… Le deuxième message, pour tout le monde, est de savoir que la vie est faite d’ambitions et d’audace qu’on peut réaliser, si on le veut vraiment.

Dans quel état se trouve le diocèse de Sangmélima dont vous avez la charge depuis 10 ans?

Monseigneur Christophe Zoa: En 10 ans, nous avons créé 15 paroisses, passant ainsi de 15 à 34 paroisses depuis mon installation le 31 janvier 2009; Il y a eu aussi beaucoup d’envois de prêtres en études de spécialisations. Soit 32 sur 53 en 10 ans. Nous avons apuré nos dettes envers la Caisse nationale de la prévoyance sociale (CNPS) et le Service de santé pour un montant de 618 millions de FCFA, (soit environ 95 000 €) qui ont été payés en 10 ans. Il y a aussi eu beaucoup d’investissements pour l’équilibre économique du diocèse, notamment sur le plan agricole, sans compter la construction de la cathédrale Saint Joseph de Sangmélima qui restera une fierté pour le Cameroun et l’Afrique.

Recueilli par Jean François Channon Denwo, à Sangmélima

Source : africa.la-croix.com

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