OUGANDA

OUGANDA - Porter l’espérance du Christ au milieu des camps de réfugiés :
la mission des « religieuses réfugiées »

Kampala (Agence Fides) – En Ouganda, les réfugiés sud-soudanais manquent de tout. Les cabanes dans lesquels ils se trouvent sont précaires. Ils n’ont pas de travail. Pour les jeunes, il n’existe pas beaucoup de possibilités pour poursuivre leurs études. Les malades sont nombreux et ne disposent pas des soins adéquats. Les terrais sur lesquels ils vivent se transforment en marécages à la saison des pluies. Dans le cadre d’un entretien accordé à l’Agence Fides, Sœur Lorena Ortiz, religieuse combonienne, lance l’alarme. Dans les camps de réfugiés ougandais règne une situation d’urgence. Sœur Ortiz et ses consoeurs font de leur mieux pour apporter une espérance et fournir des aides et de la solidarité, à côté des interventions du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés. Les besoins sont cependant très nombreux.

Les religieuses elles-mêmes sont des réfugiées. « Avec deux consoeurs – raconte à Fides Sœur Ortiz – j’habitais à Kajo Kejii, un centre de la région sud-soudanaise d’Equatoria, à la frontière ougandaise. Voici un peu plus d’un an, la tension a augmenté dans cette zone. Les rebelles ont commencé à donner la chasse aux dinkas, membres de l’ethnie du Président, Salva Kiir. En parallèle, les miliciens ont exercé des pressions afin que les civils quittent la zone. Ils disaient se préparer à un affrontement avec l’armée et que la zone n’était plus sûre. Femmes, enfants et personnes âgées ont donc évacué. Nous aussi, nous sommes trouvées seules et avons été contraintes à fuir. A peine sorties du Soudan du Sud, les rebelles ont mis à sac notre communauté et ont tout emporté ».

Les religieuses se sont transférées dans le district de Moyo, en Ouganda, et vivent au milieu des énormes camps de réfugiés improvisés où vivent actuellement 180.000 femmes, enfants, personnes âgées et handicapés. Au nord de l’Ouganda, se trouvent un million de sud-soudanais qui y ont trouvé refuge. Il s’agit d’une humanité souffrante qui doit s’organiser dans des zones marginales. Les personnels des Nations unies fournissent aux nouveaux arrivés des bâches qui servent de tentes. « Les bâches en question se sont révélées très utiles durant la saison des pluies – poursuit la religieuse – mais la chaleur les a ensuite séchées et lorsque les pluies sont revenues, de nombreux réfugiés, surtout les plus faibles, se sont trouvés privés de protection. Nous également, avec des moyens de fortune, nous nous sommes construit une petite maison et nous vivons au milieu d’eux, les aidant comme nous le pouvons ».

Les religieuses organisent des moments de prière et de lecture de l’Ecriture Sainte, et tiennent allumée la petite flamme de la foi, en faisant confiance au Christ dans cette situation difficile. Elles conduisent également des projets de micro crédit visant à aider les femmes à organiser de petites activités agricoles et commerciales. « Nombre de personnes âgées sont malades – remarque la religieuse – et nous les aidons à accéder aux soins et à se construire des refuges sûrs. Nous soutenons, autant que nous le pouvons, les étudiants afin qu’ils poursuivent leurs études ». Les religieuses ne sont pas seules. L’ONU fournit la nourriture – haricots, mais, huile et sel. Par ailleurs, des ONG travaillent dans le secteur de l’éducation, du soutien psychologique et du système hygiénique et sanitaire. « Malgré ces efforts – remarque la religieuse – la vie dans les camps est précaire. Les personnes manquent de presque tout et surtout ils ne disposent d’aucune perspective d’avenir ».

Face à cette masse de réfugiés, la réponse de l’Ouganda n’a pas été univoque. « Dans un premier temps – conclut Sœur Ortiz – les ougandais ont accueilli favorablement les sud-soudanais. Ils leur ont accordé de s’établir sur les terrains qui n’étaient pas destinés aux cultures. Ils les ont aidés de différentes manières. Une petite frange cependant a commencé à protester, contestant le fait que soient fournis aux sud-soudanais des aides contre la pluie et rien à eux-mêmes et que les réfugiés ne paient pas de loyer pour l’occupation des terrains. Certains groupes ont imposé aux ONG de recruter seulement des ougandais. Malheureusement, des résistances existent mais, il faut le dire, la majorité des ougandais a encore une attitude positive ».

Source : fides.org

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