KENYA

Nairobi (Agence Fides) – « Le pays risque la désintégration et le conflit si la situation à laquelle nous assistons actuellement devait perdurer. C’est pourquoi nous annonçons l’organisation d’un Forum de Dialogue national visant à trouver une porte de sortie ». C’est ce qu’ont annoncé les Evêques du Kenya dans la déclaration publiée au terme de leur Assemblée plénière qui s’est achevée le 9 novembre à Nakuru.

La situation politique et sociale dans le pays demeure tendue après les élections présidentielles contestées du 26 octobre denier, remportées par le Président sortant, Uhuru Kenyatta, mais boycottées par son principal adversaire de l’opposition, Raila Odinga. Ce dernier a lancé un appel à la désobéissance civile alors que des activistes des droits fondamentaux ont présenté un recours devant la Cour Suprême visant à invalider le scrutin. Celui du 8 août dernier avait déjà été annulé par la Cour Suprême sur la base d’un recours déposé par Raila Odinga, obligeant les électeurs à retourner aux urnes le 26 octobre.

« Nous sommes en présence d’une nation divisée en deux moitiés selon des lignes politiques et ethniques » affirment les Evêques. Selon des nouvelles provenant de la presse locale en effet, retrouvent actuellement de la vigueur des poussées sécessionnistes sur la côte, des promesses du gouverneur de Mombasa, Hassan Joho, de celui de Kilifi, Amason Kingi, et d’un certain nombre de représentants élus de l’opposition.

Les Evêques déplorent en outre « la violence et la brutalité de la police dans différentes parties du pays » et critiquent les « responsables politiques qui ont polarisé plus encore le pays au travers d’attitudes dignes de protagonistes et à caractère belliqueux. « Nous avons entendu clairement des demandes de sécession et de désobéissance civile, de manifestations, de protestations et de boycotts qui ne font qu’augmenter les tensions actuellement. Voici quelques mois, nous espérions que les élections auraient uni le Kenya et en revanche elles en ont amplifié les divisions ». « Quiconque aime ce pays peut voir l’inégalité existant dans la distribution des ressources, le manque de volonté politique concernant le redressement économique des régions touchées par l’extrême pauvreté, le saccage de ressources publiques destinées aux pauvres et au développement, la manipulation de la population de la part de certains hommes politiques et la radicalisation de la politique. Tous ces problèmes de fond portent actuellement le Kenya dans les eaux dangereuses de l’intolérance et de la colère qui pourraient détruire tout un chacun » soulignent-ils dans leur Message.

« Nous savons que de nombreux kenyans sont sur le point de perdre l’espérance et de vivre dans le désespoir. Nous voulons vous assurer, très chers kenyans, que nous comprenons vos préoccupations et vos angoisses. Il existe encore de l’espérance pour le Kenya ! ».
« Par conséquent, les Evêques catholiques, après avoir analysé et réfléchi, ont décidé d’organiser un Forum pour le Dialogue national, dans le but de réunir tous les secteurs de la société kenyane pour contempler le véritable cadre de notre pays et fixer l’agenda d’une discussion portant à des solutions concrètes » affirme le Message. « Indépendamment du sens de la décision de la Cour Suprême concernant le recours et de toute évolution de la situation politique, nous sommes convaincus qu’est nécessaire un Forum pour le Dialogue national » soulignent les Evêques. Les points à étudier dans ce cadre et suggérés dans le Message sont les suivants : la difficulté à tenir des élections pacifiques et à réformer le processus électoral ; la réconciliation nationale ; les critères pour affronter les questions de long terme concernant le gestion du gouvernement ; la transparence et la responsabilité ; la pauvreté, le chômage, les inégalités économiques et la résolution des conflits. « Nous croyons que ce Forum offrira la possibilité à tous les kenyans, et en particulier aux principaux acteurs politiques, de s’engager de manière constructive, dans le but de tracer la voie à suivre en direction de la paix ».

Source : fides.org

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