L’agriculture en Afrique, la voie du salut ?

L’Afrique est aujourd’hui le continent dont la croissance est la deuxième plus rapide au monde. Dans cette perspective de développement, l’agriculture pourrait être la solution pour une croissance inclusive sur le continent.

L’Afrique est aujourd’hui le continent dont la croissance est la deuxième plus rapide au monde. Dans cette perspective de développement, l’agriculture pourrait être la solution pour une croissance inclusive sur le continent.

Alors que l’agriculture représente près d’un tiers du PIB du continent et emploie 65 à 70% de la population, elle est sans nul doute un levier important qui permettra de créer plus de croissance inclusive. Le secteur dispose d’un énorme potentiel de transformation. L’Afrique est dotée d’une grande diversité de zones agro-écologiques, ce qui créé un vaste potentiel pour les produits agricoles sur les marchés intérieurs comme à l’étranger. L’Afrique subsaharienne détient environ la moitié des réserves mondiales de terres incultes, de même que de vastes réserves d’eaux inexploitées. Il est donc évident qu’aucune croissance inclusive ne peut être possible sur le continent sans le développement de l’agriculture qui absorbe la majorité de la population africaine.

Un levier de développement

A la question de savoir par quel moyen l’Afrique peut atteindre un développement durable et inclusif, un économiste de la Banque africaine de développement répondait ceci : « la réponse réside dans une croissance plus inclusive sur le continent qui passe par le développement du secteur agricole qui concentre plus de la moitié de la population. »

A l’heure où plusieurs conférences parlent du développement durable, inclusif et réel, l’agriculture se positionne comme moyen sûr par lequel l’Afrique peut arriver à pallier beaucoup de maux et amorcer un développement inclusif et paritaire. Pour assurer une croissance inclusive à long terme sur le continent, l’agriculture africaine doit opérer un glissement d’une agriculture très diversifiée, orientée vers l’élevage de subsistance sur la plupart du continent, à une production plus orientée vers le marché, plus agro-industrielle et de meilleurs accès aux marchés.

Les gouvernements doivent se pencher sur le secteur agricole, y élaborer des politiques concrètes tenant compte des réalités de leur pays afin que les résultats escomptés soient effectifs. Il faudra arriver à amener la jeune génération à s’intéresser à l’agriculture et à l’élevage. Il est remarqué que les pays africains, par exemple, importent pour plus de 25 milliards de dollars de nourriture chaque année. Seulement 1 milliard de dollars provient de pays africains. Cela créé un vaste marché agricole intra-africain et des opportunités pour les nombreux fermiers du continent.

Le soutien des organismes internationaux

Les pays africains ont compris qu’aucun développement efficient ne peut être atteint sans une restructuration du secteur agricole. Ainsi, avec l’appui des organismes internationaux tels que la FAO, le PNUD ou le FIDA, les projets sur de court, moyen et long termes ont commencé par voir le jour dans le souci de faire une relance économique qui vise à atteindre une croissance inclusive.

La Conférence économique africaine (CEA) qui s’est tenue en décembre 2016 à Abuja, a mis l’agriculture au cœur du développement de l’Afrique. « Nous y avons débattu sur le thème ‘Nourrir l’Afrique : vers une agro-industrialisation pour une croissance inclusive’ », confie un membre de la délégation sénégalaise à cette rencontre. Tous les experts de la BAD, du PNUD et du CEA ont insisté sur le fait que le continent regorge d’un grand potentiel pour se développer grâce à l’agriculture. Selon Akinwumi Adesina, président de la BAD, « l’avenir de l’Afrique dépend de l’agriculture ». A ce jour, l’agriculture représente plus de 28% du PIB de l’Afrique.

La plupart des pays recourent désormais à l’expertise des organismes internationaux afin de passer à une phase de concrétisation des projets par un appui technique et financier. Au Togo, l’un des projets agricoles phares est le Programme national d’investissement et de sécurité agricole (PNIASA). Un Programme qui a eu l’appui financier et technique de la Banque mondiale et du FIDA. Plusieurs missions techniques de suivis évaluation de ces deux institutions internationales ont permis de s’imprégner des avancées de ce projet qui a permis de mécaniser le secteur agricole et aussi de développer des centres agricoles. « Le PNIASA a relancé l’agriculture togolaise », reconnait Ouro-Koura Agadazi, le ministre en charge de l’agriculture. Le résultat probant reste l’augmentation de la production du maïs et du riz avec un taux élevé de 80% pour le maïs et de 18% pour le riz.

Bien gérer les fonds alloués

D’autres pays africains comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali s’appuient sur l’agriculture pour atteindre un développement inclusif. Le Programme d’appui au développement agricole et à l’entrepreneuriat (PADADER) lancé au Sénégal a permis d’atteindre plus de 80% des résultats escomptés. L’objectif était d’améliorer durablement la sécurité alimentaire. « Un peuple qui mange à sa faim est un peuple qui peut travailler et produire de la valeur ajoutée », estime Pape Abdoulaye Seck, ministre de l’Agriculture.

Même son de cloche dans les autres pays. L’agriculture comme une alternative sûre pour non seulement nourrir les populations mais aussi de créer de l’emploi et développer l’entrepreneuriat. « Plus de la moitié des initiatives entrepreneuriales se font dans l’agriculture », déclare un expert du domaine. Nous avons la chance d’avoir ces institutions internationales qui nous soutiennent, poursuit-il en soulevant un point essentiel. « Il y a malheureusement une mauvaise gestion des fonds alloués qui persistent. Il faut que cela change ».

Outre la mauvaise gestion des fonds alloués, certains agronomes critiquent surtout l’inadéquation de la plupart des projets avec les réalités que vivent les paysans. A cela s’ajoutent la rareté de l’eau dans certaines zones et la déforestation qui continue de détériorer les terres et de diminuer le niveau de production, selon le FIDA.

Source : http://grandmagafrique.com 

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