RD-Congo

En RD-Congo, Mgr Fridolin Ambongo, nouvel archevêque de Kinshasa

Le pape François a accepté, jeudi 1er novembre, la démission du cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa.

Le même jour, son coadjuteur, Mgr Fridolin Ambongo, a été confirmé à la tête du diocèse le puissant de RD-Congo.
Depuis sa nomination, en février, comme futur successeur du cardinal Monsengwo, il n’a cessé d’inscrire ses actions dans la continuité du patriarche.

La solennité de la Toussaint à Kinshasa a été marquée par l’annonce de l’admission à la retraite du charismatique Laurent Monsengwo, 79 ans, nommé archevêque de Kisangani en 1988, puis de Kinshasa en 2007 et créé cardinal 20 novembre 2010 par le pape Benoît XVI.

L’annonce a été faite par le principal concerné au Centre pastoral Lindonge à Kinshasa, en présence de toute la curie diocésaine et de Mgr Ettore Balestrero, chef de mission à la nonciature apostolique en RD-Congo.

Qui est Mgr Ambongo?
Son remplaçant, Mgr Fridolin Ambongo Besungu, est né le 24 janvier 1960 à Boto, dans le diocèse de Molegbe, dans le nord de la province du Nord-Ubangi, en République démocratique du Congo.

Après avoir suivi des cours de philosophie au séminaire de Bwamanda (Kinshasa) et de théologie à l’Institut Saint-Eugène de Mazenod de Kinshasa, il s’engage dans l’Ordre des Frères mineurs capucins (OFM). Il prononce ses premiers vœux en 1981 et ses vœux perpétuels en 1987. Il est prêtre depuis le 14 août 1988, diplômé en théologie morale de l’Académie Alphonsienne à Rome. Il a également enseigné la théologie morale à l’Université catholique de Kinshasa.

Avant d’être nommé évêque en 2005, Fridolin Ambongo Besungu a occupé le poste de supérieur majeur des frères mineurs capucins de RD-Congo et présidé l’Assemblée des supérieurs majeurs en RD-Congo (Asuma) ainsi que la Circonscription des Frères mineurs capucins en Afrique (Concau). Il est nommé évêque de Bokungu Ikela (province de l’Équateur) le 6 mars 2005 et est, en même temps, président de la commission épiscopale Justice et Paix et administrateur apostolique de Mbandaka-Bikoro.

Il est nommé archevêque de Mbandaka-Bikoro le 12 novembre 2016. Depuis juin 2016, il est vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Un message de fermeté du Vatican
Après la nomination, le 6 février, de Mgr Ambongo comme archevêque coadjuteur de Kinshasa, de nombreux observateurs avaient interprété ce choix comme un message de fermeté du pape François envers le pouvoir congolais.

Le désormais nouvel archevêque qui est connu comme étant un « homme d’Église qui ne mâche pas ses mots » n’a d’ailleurs cessé d’inscrire ses actions dans la continuité du patriarche Monsengwo. Vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), il est l’un des principaux artisans de l’accord de la Saint-Sylvestre dont la violation est à l’origine des marches de protestation des catholiques.

Signé le 31 décembre 2016 sous l’égide de la Cenco, cet accord entre le parti présidentiel et les partis d’opposition prévoyait des élections, le 31 décembre 2017, auxquelles le président Joseph Kabila ne devait pas être candidat. Pour protester contre la violation des dispositions de ce texte, un collectif de laïcs du diocèse de Kinshasa avait organisé trois marches de protestation contre le régime de Joseph Kabila

Le cardinal Monsengwo était le premier soutien de ces manifestations brutalement réprimées par les forces de l’ordre. Selon de nombreux observateurs, ces marches cumulées aux pressions diplomatiques exercées par la Cenco, ont été à l’origine de la renonciation du président Joseph Kabila à briguer un troisième mandat présidentiel.

Soutien aux marches des laïcs
Le 8 mars, dans un entretien accordé à La Croix Africa, Mgr Ambongo avait fermement affiché son soutien aux marches organisées les laïcs de son nouveau diocèse. « L’engagement des laïcs pour un Congo meilleur ne peut que recevoir ma sollicitude pastorale et tout mon appui car ce que font ces laïcs est conforme à la Constitution », avait-il affirmé, s’inscrivant clairement dans la continuité du cardinal Monsengwo.

Tout comme l’archevêque émérite de Kinshasa, le nouvel archevêque de Kinshasa ne s’était pas fait tendre envers le pouvoir en place.

Le 2 janvier, après la première marche des catholiques organisée le 31 décembre 2017, le cardinal Monsengwo avait tonné contre le pouvoir, souhaitant que « la vérité l’emporte sur le mensonge systémique », « que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD-Congo ».

Dans l’entretien accordé à La Croix Africa le 8 mars, l’archevêque coadjuteur avait adopté le même ton que le cardinal. Commentant la troisième marche des catholiques organisée le 25 février, il avait exprimé son indignation. « Je suis profondément choqué que, dans un pays dit de droit, le parti au pouvoir se permette d’organiser le déplacement de ses membres pour qu’ils envahissent un lieu de culte. Rien que l’idée d’organiser un tel convoi montre que le pays est tombé très bas ».

Il avait, en outre, pris la défense des prêtres de son diocèse dénonçant les intimidations répétées dont beaucoup d’entre eux se plaignaient : « Développer un climat de psychose parce que des personnes exercent leur droit constitutionnel à marcher pacifiquement est tout simplement inadmissible ».

Le même chant pour son installation
Cette continuité avec le cardinal Monsengwo, le nouvel archevêque de Kinshasa l’avait également exprimée en choisissant, pour son installation, comme archevêque coadjuteur de Kinshasa, d’entonner le même chant que le cardinal Monsengwo, le jour de sa prise de possession canonique du siège métropolitain de Kinshasa, il y a 10 ans : « Kinshasa, teleme ongenge na mwinda mwa Kristu » (« Kinshasa, lève-toi et brille de la lumière du Christ »).

La cérémonie de prise de possession canonique de Mgr Fridolin Ambongo aura lieu le dimanche 25 novembre à la cathédrale Notre Dame du Congo de Kinshasa.

Source :  la-croix.com

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