Cameroun

Au Cameroun, à l’initiative de religieux, une conférence générale anglophone aura lieu les 29 et 30 août

Le 25 juillet, des responsables religieux chrétiens et musulmans ont annoncé la tenue d’une conférence générale anglophone, les 29 et 30 août.

Leur but est de trouver une solution à la crise sécessionniste qui secoue le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun depuis de longs mois.

Le 25 juillet, des leaders religieux camerounais parmi lesquels le cardinal Christian Tumi, archevêque émérite de Douala, le pasteur Babila George Fochang, de l’Église presbytérienne du Cameroun (EPC), l’imam Tukur Mohammed Adamu, de la mosquée centrale de Bamenda, et le chef imam Alhadji Mohammed Aboubakar, de la mosquée centrale de Buea, ont annoncé leur décision de s’investir dans la résolution de la crise sécessionniste qui secoue l’extrême Ouest du Cameroun.

Pour ce faire, ils comptent organiser, dans la ville de Buea (Sud-Ouest), une conférence générale des anglophones de l’intérieur et de la diaspora, les 29 et 30 août.

Des affrontements quotidiens

La crise a commencé en 2016 après des revendications d’avocats et enseignants anglophones. Ceux-ci se disaient marginalisés et dominés par le système législatif et éducatif francophone, qui prévaut partout ailleurs dans le pays. Ces protestations ont débouché sur des grèves puis dégénéré en affrontements meurtriers entre les forces de sécurité camerounaises et les partisans d’une sécession des régions anglophones.

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les affrontements sont désormais quotidiens entre les forces de sécurité camerounaises, déployées en force, et des hommes armés se réclamant des « forces de restauration » d’un État anglophone, qui avait fait long feu entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique.

Facilitateurs
Les leaders chrétiens et musulmans se sont dits prêts à jouer un rôle de facilitateurs entre le gouvernement et les sécessionnistes. « Le moment est venu de mettre fin à ce conflit à travers un dialogue national franc, inclusif et complet sur le problème anglophone », ont affirmé les responsables religieux, déplorant les dégâts causés par ce conflit depuis bientôt deux ans.

Pour eux, les armes ne peuvent engendrer la paix. Ils se disent également « ouverts à toutes les propositions devant favoriser le retour à la paix » dans les zones de conflit.

Manœuvre politique
Du côté du parti présidentiel, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), cette intervention est diversement appréciée. « Cette initiative est faite dans le contexte de l’élection présidentielle du 7 octobre prochain, a ainsi dénoncé Jean Simon Ongola, un député de la RDPC qui s’exprimait sur colonnes du quotidien camerounais Le jour. Selon lui, « si les objectifs déclarés de cette conférence sont louables et souhaités de tous les Camerounais, la manœuvre politique et l’agenda caché qui en découlent sont cousus d’un fil rouge ».

Toutefois, l’implication des responsables religieux camerounais était attendue et demandée par des organisations de la société civile et plusieurs observateurs.

Il y a quelques semaines, un rapport de l’International Crisis Group estimait qu’« étant donné l’opposition de Yaoundé à toute médiation internationale, l’Église catholique est quasiment le seul acteur en mesure d’intervenir et de promouvoir le dialogue entre le gouvernement et les régions anglophones ».

En outre, la Conférence épiscopale nationale du Cameroun avait déjà offert sa médiation et appelé au dialogue.

Lucie Sarr

Source :  la-croix

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