ALGERIE

ALGERIE - Centre culturel des Pères Blancs pour démontrer l’universalité de l’Eglise

Ouargla (Agence Fides) – Des livres précieux, d’antiques photographies témoignant de l’histoire de la présence chrétienne mais aussi des cours d’anglais, de français et d’informatique : tout cela constitue le Centre culturel des Pères Blancs (Missionnaires d’Afrique) sis à Ouargla, ville de l’est de l’Algérie. Il s’agit d’une structure au service de la communauté, en majorité islamique, de cette ville sise dans le désert.

Le Centre culturel constitue une institution qui a de profondes racines historiques. En 1875, les premiers missionnaires des Pères Blancs sont envoyés dans cette zone, où n’existe qu’une garnison française et quelques maisons berbères. Outre l’assistance spirituelle aux militaires, les religieux commencent à étudier les langues locales et en particulier le mozabite, un dialecte berbère. Dans le même temps, ils collectent des livres antiques, des parchemins et font des photographies.

Au fil des ans, les missionnaires cataloguent ce patrimoine qui devient toujours plus imposant et vient constituer un mémorial de la région et de l’ensemble de l’Algérie. Les clichés, en particulier, témoignent des différents moments d’une présence chrétienne qui, au fil des années, s’est toujours davantage liée à la population locale. « Du début de la colonisation à nos jours – explique à l’Agence Fides le Père Aldo Giannasi, missionnaires des Pères Blancs qui a vécu et œuvré à Ouargla – les algériens ont vu l’Eglise comme un prolongement de l’invasion politique et culturelle de la France. Aujourd’hui, le changement est en œuvre : le personnel ecclésiastique a une nette majorité provenant d’Afrique noire, ce qui montre de toute évidence que l’Eglise n’est liée ni à la France ni à l’Occident ni aux puissants de ce monde. Elle est catholique, c’est-à-dire universelle, ouverte à tous ».

Entre temps, Ouargla elle-même se transforme. De ville de garnison, elle est devenue un important centre pétrolier. Le petit village s’est transformé en ville. Le Centre culturel se trouve toujours dans les locaux de la casbah. Au fil des ans, la structure se détériore. Les bâtis se sont usés et le sable du désert commence à pénétrer dans les pièces. Les étagères, les tables, les chaises sont anciens et doivent être remis en état. Les Pères Blancs pensent à le transférer en périphérie mais, en fin de compte, ils décident de demeurer dans leur siège historique et le restructurent.

Aujourd’hui, le Centre est fréquenté par des jeunes des deux sexes, surtout musulmans, qui y étudient et consultent des livres. Ici, il existe un patrimoine de livres d’histoire, de géographie, de sociologie, d’ethnologie, de religion et de spiritualité chrétienne. Le Centre est cependant devenu également une référence pour la ville notamment parce que les étudiants y sont aidés dans leurs recherches et que toute la population peut bénéficier de cours de français, d’anglais et d’informatique qui y sont organisés. Au Centre se tient également un Cinéclub portant sur des thèmes scientifiques et sociaux. « Notre structure – conclut le Père Giannasi – est le témoin d’une présence active des catholiques au service de l’Algérie, engagés dans une mission culturelle qui est semence féconde de l’Evangile ».

Source : fides.org

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