RD CONGO

Kinshasa (Agence Fides) – Le malheur ne vient jamais seul. Après la violente répression de la marche pacifique des catholiques du 31 décembre 2017, qui a fait au moins 7 morts et des nombreux blessés, la ville de Kinshasa a commencé l’année avec des pluies diluviennes qui ont entrainé des inondations meurtrières. La pluie qui s’est abattu sur la capitale de la République Démocratique du Congo dans la nuit du 3 au 4 janvier et celle de dimanche 7 janvier dernier ont fait au moins 45 morts, près de 200 habitations écroulées et, par conséquent, des milliers des personnes déplacées.

« Le premier responsable, à mon avis, c’est le dérèglement climatique […] Les autorités nationales ne sont pas tout à fait innocentes. Notamment celles qui ont toléré des occupations anarchiques des espaces non-constructibles. Y compris la population qui, parfois sans autorisation, construit anarchiquement » a déclaré Lambert Mende, ministre de communication et médias, et porte-parole du gouvernement. Un deuil national avait été décrété pour les 8 et 9 janvier.

Troisième ville la plus peuplée d'Afrique après Le Caire et Lagos, Kinshasa est la plus grande agglomération francophone du monde. Avec plus de 15 millions d’habitants, elle est l'une des agglomérations les plus peuplées au monde. Pourtant son avenir semble incertain.

Le Père Arthur Ponde, directeur diocésain de Caritas Kinshasa explique que « le sol de Kinshasa est tantôt marécageux, tantôt sablonneux. Une étude scientifique renseigne que quand les collines ayant des pentes de 10% sont perturbées par des constructions anarchiques, les érosions s’y installent. La ville est sérieusement menacée avec l’amplification de 600 têtes d’érosions, dont 82 autour de l’Université de Kinshasa ».

Les Paroisses Saint Jean-Marie Muzeyi dans la commune de Lingwala et Saint Maximilien Kolbe dans la commune de Selembao ont été affectées. « Les eaux de pluie sont arrivées jusqu’à 30cm de hauteur, inondant ainsi la cure et l’église paroissiale. Il nous a fallu 3 jours pour évacuer l’eau qui a fait beaucoup de dégâts », confie le Père Apollinaire Makaba, Curé de la Paroisse Saint Jean-Marie Muzeyi.

Face à ce malheur qui a frappé la ville-capitale, l’Eglise catholique n’est pas restée insensible. Le service des urgences et protection sociale de la Caritas a fait une descente sur terrain, à travers les différents sites paroissiaux. En collaboration avec les services étatiques, les volontaires communautaires de la Caritas ont procédé à l’identification des ménages touchées. Le gouverneur de la ville a remis des frais funéraires aux 45 familles endeuillées. Considérant les besoins de base, dont les denrées alimentaires, vêtements, semences, ustensiles de cuisine, matelas, etc., Caritas Kinshasa évalue le budget de subvention à plus de 867.000 USD.

Source : fides.org 

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