Afrique / Kenya

Au Kenya, alors que la situation redevient calme après des violences post-électorales qui ont fait 28 morts, les évêques ont publié une déclaration dans laquelle ils ont dénoncé les violences perpétrées pour des raisons politiques.

Réunis en Assemblée plénière, les évêques kényans ont déploré dans une déclaration commune, jeudi 17 août, les pertes en vies humaines qui ont entaché le scrutin présidentiel du pays. « Perdre ne serait-ce qu’une seule vie à cause des élections est abominable », se sont-ils indignés. « Blesser et mutiler qui que ce soit est inacceptable. Il n’est pas possible d’admettre que des choses semblables se produisent dans une société civilisée telle que le Kenya », ont-ils également dénoncé.

Violences post-électorales

La commission électorale indépendante a déclaré le président sortant, Uhuru Kenyatta, vainqueur des élections présidentielles, le 11 août. Selon cette commission, il remporte le scrutin avec 54,27 % des voix contre 44,74 % pour Raila Odinga, son adversaire.

La proclamation des résultats avait donné lieu à des violences, notamment dans le bidonville de Mathare, à Nairobi ainsi qu’à Kisumu, à l’ouest du pays. « La vie reprend son cours normal », estime Frère Luc de la communauté œcuménique de Taizé, installé à Nairobi. « Les jours après les élections, les Kényans s’étaient enfermés chez eux. Certains avaient quitté la capitale pour rejoindre les villages, craignant un débordement de violence », précise-t-il.

L’Église a un rôle important de sensibilisation à jouer

Les évêques kényans ont aussi émis des critiques envers les forces de sécurité, accusées d’avoir violemment affronté les populations civiles faisant des morts, parmi lesquels des enfants de 6 et 10 ans.

« Les évêques kényans, depuis leur message de temps de Carême, se sont investis dans la sensibilisation pour des élections apaisées, explique Frère Luc. Beaucoup de chrétiens étaient des observateurs le jour des élections. La journée du 8 août, les membres de la conférence épiscopale kényane avaient également été conviés dans les bureaux de vote. Les Kényans sont très pratiquants, l’Église a donc un rôle important à jouer ».

Source : la-croix.com

Retour à la liste des nouvelles